NOT ABOUT EVERYTHING
Danse JEUDI 16 MARS 19H30 / Conservatoire, chapelle des réparatrices
35 MIN / TARIF 8 €

AVEC LE SOUTIEN DU CONSERVATOIRE DE PAU
PARCOURS DANIEL LINEHAN NOT ABOUT + DBDDBB : 26€

En amont de sa récente pièce de groupe dbddbb également présentée dans le cadre de résonance(s), Daniel Linehan, jeune chorégraphe américain issu de la formation P.A.R.T.S. à Bruxelles, présente son premier solo Not about everything (2007). La relation entre parole et mouvement en constitue déjà la question centrale. Porteur d’une détermination intransigeante, Daniel Linehan met en oeuvre le principe chorégraphique du tournoiement. Il pénètre seul en scène et commence à tourner sur lui-même. La rotation se transforme progressivement en un mouvement giratoire obsessionnel. Sans jamais s’arrêter, Daniel Linehan parle, lit, partage ses pensées et ses questionnements. Il énumère tout ce dont il n’est pas en train de parler : le désespoir, l’endurance, le gouvernement, les célébrités, les problèmes métaphysiques. Par là-même, il attire notre attention sur ces questions qui évoquent le monde, créant un trou noir inversé, l’espace d’un vertige qui peut être désorientant, mais aussi l’espace d’une réflexion où toutes les idées sont libres de s’écouler et de résonner.

« Cette injection d’une sorte d’insolente exubérance dans des grilles minimalistes recèle un potentiel superbement perturbateur. De quoi défier les supposées évidences du monde – qui ne seront jamais celles de son spectacle. Ici déjouées à neuf. » Gérard Mayen, mouvement.net, juin 2011

HIATUS COMPAGNIE / CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION DANIEL LINEHAN / CRÉATION LUMIÈRE JOE LEVASSEUR / DRAMATURGIE JULIETTE MAPP / OEIL EXTÉRIEUR MICHAEL HELLAND / RÉGISSEUR PLATEAU CLIVE MITCHELL / crédit photos Jason Somma

En amont de sa récente pièce de groupe dbddbb également présentée dans le cadre de résonance(s), Daniel Linehan, jeune chorégraphe américain issu de la formation P.A.R.T.S. à Bruxelles, présente son premier solo Not about everything (2007). La relation entre parole et mouvement en constitue déjà la question centrale. Porteur d’une détermination intransigeante, Daniel Linehan met en oeuvre le principe chorégraphique du tournoiement. Il pénètre seul en scène et commence à tourner sur lui-même. La rotation se transforme progressivement en un mouvement giratoire obsessionnel. Sans jamais s’arrêter, Daniel Linehan parle, lit, partage ses pensées et ses questionnements. Il énumère tout ce dont il n’est pas en train de parler : le désespoir, l’endurance, le gouvernement, les célébrités, les problèmes métaphysiques. Par là-même, il attire notre attention sur ces questions qui évoquent le monde, créant un trou noir inversé, l’espace d’un vertige qui peut être désorientant, mais aussi l’espace d’une réflexion où toutes les idées sont libres de s’écouler et de résonner.

« Cette injection d’une sorte d’insolente exubérance dans des grilles minimalistes recèle un potentiel superbement perturbateur. De quoi défier les supposées évidences du monde – qui ne seront jamais celles de son spectacle. Ici déjouées à neuf. » Gérard Mayen, mouvement.net, juin 2011

DISTRIBUTION

HIATUS COMPAGNIE / CHORÉGRAPHIE ET INTERPRÉTATION DANIEL LINEHAN / CRÉATION LUMIÈRE JOE LEVASSEUR / DRAMATURGIE JULIETTE MAPP / OEIL EXTÉRIEUR MICHAEL HELLAND / RÉGISSEUR PLATEAU CLIVE MITCHELL / crédit photos Jason Somma

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BIOGRAPHIE

Daniel Linehan a travaillé comme danseur et chorégraphe à New York, avant de s’installer à Bruxelles en 2008 où il a suivi le Cycle de Recherche à P.A.R.T.S. En tant qu’interprète, Linehan a travaillé, entre autres, avec Miguel Gutierrez et Big Art Group. En 2007-2008, il fut aussi Artiste en Résidence au Movement Research. Dans son propre travail chorégraphique, Linehan cherche à obscurcir en douceur, la frontière qui sépare la danse de tout le reste. Il aborde la création du point de vue de l’amateur curieux, en testant les nombreuses interactions entre la danse et les formes de non-danse, à la recherche d’improbables conjonctions, juxtapositions et parallèles entre les textes, mouvements, images, chansons, vidéos et rythmes. A New York, il crée, avec une équipe de quatre danseurs, de performances basées sur le texte et la danse. Il a également collaboré avec Michael Helland sur de nombreux projets en duo. En 2007, il crée le solo Not About Everything qui, depuis sa première, a été joué dans plus de 50 théâtres du monde entier. Ses projets les plus récents sont Montage for Three (2009), Being Together Without any Voice (2010), Zombie Aporia (2011), Gaze is a Gap is a Ghost (2012), ainsi que The Karaoke Dialogues (2014). En 2013 il a créé le livre A no can make space, en collaboration avec le graphiste anversois Gerard Leysen. Le 1 » février 2015, il crée Un Sacre du Printemps à Anvers. Epaulé par le dramaturge et musicien Alain Franco, il y réunit 13 gradués de P.A.R.T.S et un orchestre live. Le spectacle continue sa tournée accompagné des pianistes Jean-Luc Plouvier (Ictus) et Alain Franco. dbddbb, a été créée à l’Opéra de Lille le 3 novembre 2015. Daniel Linehan/Hiatus est Artiste-en-Résidence à l’Opéra de Lille depuis janvier 2013 et subventionné par les autorités flamandes.


NOTES

La chorégraphie est Espace, Temps, Structure, Corps, Contexte, Thème, Expérience, Audience, Incertitude.
Espace : L’espace est quelque chose que j’utilise tel quel, plutôt que quelque chose que je conçois. Mon travail est généralement adaptable à des espaces de différentes natures et de diverses dimensions. J’envisage l’espace du point de vue d’un nomade : l’espace n’est pas stable, mais incertain ; l’espace n’est pas solide, mais variable, au fil du temps.
Temps : Le temps et le rythme sont des considérations centrales dans mes chorégraphies. Je me pose la question : quelles sont les tendances qui se développent au cours de 3 secondes, de 3 minutes, ou de 30 minutes ? Comment l’intensité de la performance se dilue-t-elle, s’écoule-t-elle ? Comment l’engagement du public se dilue-t-il, comment s’écoule-t-il ? Les nombreuses tendances qui se chevauchent dans la performance génèrent une structure polyrythmique complexe.
Structure : Je crée souvent des structures temporelles remplies de changements brusques, parce que je m’intéresse à la discordance qui se produit quand des idées contrastées sont placées les unes à côté des autres, dans le temps. En général, le cinéma est un moyen très efficace pour créer ce genre de juxtapositions, mais je suis plus intéressé par celles générées par le corps.
Corps : Le corps est mon principal outil chorégraphique. Le corps comprend la forme, la conception, l’odeur, le goût, la sexualité, la politique, les émotions, les pensées, la voix, l’expression, une histoire, un présent, un avenir et bien plus encore dont je ne sais rien. Il y a une infinité de perspectives du corps. Pour chaque projet, je choisis consciemment quelques perspectives principales qui deviennent alors le cadre du projet.
Frame : La chorégraphie crée un cadre pour la visualisation d’actions prédéterminées. Je m’intéresse aux événements clairement planifiés à l’avance, à la possibilité de l’erreur ainsi qu’à l’imprévisibilité ’événements qui se produisent toujours, même dans le système le plus rigide qui soit. La possibilité d’événements imprévisibles qui échappent à la structure prévue est un thème récurrent dans mon travail.
Thème : Je travaille souvent sur des sujets vis-à-vis desquels je suis ignorant, dont je ne suis pas spécialiste. Dans cette culture de plus en plus spécialisée, j’essaye d’en apprendre davantage au sujet de choses pour lesquelles, à première vue, je ne devrais pas avoir d’intérêt. Je ne veux pas avoir d’opinion sur tout, mais je veux poser un regard sur des questions qui me touchent. Même s’il s’agit de questions pour lesquelles j’ai peu d’expérience.
Expérience : Essentiellement, une représentation est une façon d’offrir une expérience à un public.
Audience : Je présume toujours que le public est intelligent. En outre, chaque membre de l’audience est intelligent différemment. De ce fait, chaque public apporte une forme d’incertitude à un spectacle.
Incertitude : La chorégraphie implique beaucoup de choses dont je ne sais encore rien. Je considère la chorégraphie de manière ouverte, car il est impossible que je puisse avoir déjà imaginé toutes les possibilités qu’offre la chorégraphie.
Daniel Linehan


PRESSE

Il y a des trucs dans la vie qui ne servent à rien, ne changent rien, n’empêchent rien. Par exemple, tourner en rond durant une demi-heure, à des vitesses infiniment variables, tout en expliquant à voix haute que ce que l’on est en train de faire - en l’espèce, tourner en rond - n’est pas ce que les gens s’imaginent que l’on fait. Qu’il puisse y avoir de la beauté, de la grâce, sinon de la gravité là-dedans est, pour beaucoup, difficile à admettre. Et pourtant, lorsqu’il tourne sur lui-même, parfois jusqu’au vertige, Daniel Linehan ouvre en nous de vastes contrées intérieures. Du moins si nous acceptons de nous laisser faire par la gratuité de son geste. Si nous acceptons que notre regard se dépouille. Mi-ange mi-samouraï, Linehan est un très jeune Américain, né à Seattle, passé par New York et maintenant basé à Bruxelles, où il est membre de Parts (cycle de formation aux arts de la scène initié et dirigé par Anne Teresa de Keersmaeker). Pourquoi fait-il ça, tourner tel un derviche orphelin de Dieu ou de toute autre croyance ? C’est son affaire. Supposons qu’à l’âge qui est le sien il veuille ainsi marquer son territoire, poser ici et maintenant les bases de son art, fixer ainsi le cadre de son combat. Ici, rien d’autre que le présent ne nous est proposé, nul ressassement, nulle utopie, comme s’il nous fallait trouver l’horizon au coeur de ce présent. Dès lors, il n’est pas déraisonnable de rapprocher la démarche de ce Daniel Linehan de celle d’un autre performeur, Mickaël Phelippeau, lequel avec d’autres moyens interroge les liens entre danse et religion. L’affaire est donc sérieuse.
Daniel Conrod, Télérama n°3133, janvier 2010

TOUT OU RIEN
Not about everything : un spectacle bouleversant où il ne faut « rien voir »... juste regarder Enfin un spectacle où il n’y a rien à comprendre ! Le danseur américain Daniel Linehan nous le serine tellement qu’il faudrait être fou pour se casser la tête. Et pourtant... Trente-cinq minutes, c’est ce que dure son spectacle intitulé « Not about everything ». Trente-cinq minutes où, tel un derviche-tourneur, il entame une danse giratoire, comme possédé par les volutes aériennes qu’il déploie autour de lui. Son décor, c’est une sorte de Stonehenge horizontal. Un cercle dont il ne sort qu’à le fin, et matérialisé par des livres et un magazine posés à même le sol. Mais attention : il ne faut pas voir là-dedans du sacré. Encore moins de derviche, bien que cela vienne immédiatement à l’esprit. Il ne faut rien voir. Il le dit en boucle. De plus, c’est traduit. Il le dit en boucle. De plus, c’est traduit. Il ne faut que regarder. Un homme, fluer, qui n’a pas l’air décidé à vieillir, en teeshirt, pieds nus. Un homme qui tourne, sans arrêt. Seuls ses pieds assurent leur rôle immuable de pivot. Ce sont dans les mouvements des bras, des mains, de la langue qu’il faut chercher les variations à cette mécanique hélicoïdale. Alors, de quoi s’agit-il ? Non. Ne pas réfléchir. Se dire, enfin, que c’est un bon spectacle où il n’y a pas d’enjeu. Ni d’intellect, ni d’affectif, ni de caritatif. Ouais... Quelle performance, tout de même ! Aucun signe d’essoufflement, aucune fatigue visible. Il y a sûrement beaucoup plus que ce qu’on voudrait bien nous faire croire là-dedans. Surtout, une auto-dérision qui tourbillonne et se met en torsade. En courage. Mister Daniel Linehan, voilà un spectacle quelque part bouleversant. A figer dans nos mémoires.
Le Progrès, 04 juillet 2009


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