Maelström
Théâtre MARDI 21 JANVIER 20H30 / Théâtre Saragosse
1H00 / TARIF C

Troisième volet d’une trilogie dédiée aux adolescents et à leur être-au-monde après À la renverse de Karin Serres (2014) et Dan Da Dan Dog de Rasmus Lindberg (2018), Maelström met en scène le monologue de Véra, une jeune fille de 14 ans atteinte de surdité et animée d’une sublime rage de vivre. De ses nombreuses rencontres avec des adolescents, la metteure en scène du Théâtre du Rivage Pascale Daniel-Lacombe retient le bouillonnement des espoirs douloureux, les combats difficiles et parfois découragés de ceux qu’elle appelle ces « jeunes guerriers du quotidien ». Pièce écrite à partir de l’adolescence, Maelström est confiée à la plume de Fabrice Melquiot, auteur dramatique et poète doué d’une écoute exceptionnelle du monde sensible. Retranchée dans son abribus, son refuge, Véra regarde le monde se passer sans elle, avec une révolte et un désespoir dont le texte fragmenté de Fabrice Melquiot restitue le tourbillon émotionnel. Transparente aux yeux des autres, Véra s’interroge sur le sens de l’existence, coupée de la rumeur du monde ou immergée dans ses bruits par le biais d’un processeur sonore. La comédienne Marion Lambert s’empare des mots de l’adolescente avec une intensité qui remonte des profondeurs de sa propre intimité. Grâce à un dispositif particulier qui munit chaque spectateur d’un casque audio, Maelström nous soumet au déferlement d’une poésie cinglante pour dire l’adolescence et sa fougue, son humour et sa cruauté.

Texte Fabrice Melquiot (Éditions L’Arche - juillet 2018) / Mise en scène Pascale Daniel-Lacombe / Assistanat de création Nicolas Schmitt / Distribution en alternance Marion Lambert - Liza Blanchard / Création sonore Clément Marie-Mathieu / Création lumières Yvan Labasse / Scénographie Philippe Casaban et Eric Charbeau / Technique plateau et construction décor Nicolas Brun, Etienne Kimes / Régie Générale Kévin Grin / Administration, production et diffusion Antonin Vulin / CRÉDITS PHOTOS XAVIER CANTAT

+ PRODUCTIONS

Production Théâtre du Rivage / Coproduction Théâtre de Gascogne Mont de Marsan, La Garance – Scène Nationale de Cavaillon, Le Moulin du Roc – Scène Nationale de Niort, Le Tangram – Scène Nationale d’Evreux-Louviers, l’Office Artistique de la Région Nouvelle Aquitaine, le Parvis d’Avignon, la Maison du Théâtre de Brest, le Champ de Foire de Saint André de Cubzac, l’Espace André Malraux de Chevilly Larue / Avec le soutien de Scènes de Territoire AGGLO2B Bressuire, Agora Billère, Théâtre Am Stram Gram Genève, Département des Landes / La Cie est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Département des Pyrénées Atlantiques, et soutenue par la Région Nouvelle Aquitaine et la Ville de Saint Jean de Luz / Artiste-Compagnon à La Garance – Scène Nationale de Cavaillon / En compagnonnage de création avec le Moulin de Roc – Scène Nationale de Niort / Artistes Associés au Théâtre de Gascogne Scènes de Mont de Marsan.

Troisième volet d’une trilogie dédiée aux adolescents et à leur être-au-monde après À la renverse de Karin Serres (2014) et Dan Da Dan Dog de Rasmus Lindberg (2018), Maelström met en scène le monologue de Véra, une jeune fille de 14 ans atteinte de surdité et animée d’une sublime rage de vivre. De ses nombreuses rencontres avec des adolescents, la metteure en scène du Théâtre du Rivage Pascale Daniel-Lacombe retient le bouillonnement des espoirs douloureux, les combats difficiles et parfois découragés de ceux qu’elle appelle ces « jeunes guerriers du quotidien ». Pièce écrite à partir de l’adolescence, Maelström est confiée à la plume de Fabrice Melquiot, auteur dramatique et poète doué d’une écoute exceptionnelle du monde sensible. Retranchée dans son abribus, son refuge, Véra regarde le monde se passer sans elle, avec une révolte et un désespoir dont le texte fragmenté de Fabrice Melquiot restitue le tourbillon émotionnel. Transparente aux yeux des autres, Véra s’interroge sur le sens de l’existence, coupée de la rumeur du monde ou immergée dans ses bruits par le biais d’un processeur sonore. La comédienne Marion Lambert s’empare des mots de l’adolescente avec une intensité qui remonte des profondeurs de sa propre intimité. Grâce à un dispositif particulier qui munit chaque spectateur d’un casque audio, Maelström nous soumet au déferlement d’une poésie cinglante pour dire l’adolescence et sa fougue, son humour et sa cruauté.

DISTRIBUTION

Texte Fabrice Melquiot (Éditions L’Arche - juillet 2018) / Mise en scène Pascale Daniel-Lacombe / Assistanat de création Nicolas Schmitt / Distribution en alternance Marion Lambert - Liza Blanchard / Création sonore Clément Marie-Mathieu / Création lumières Yvan Labasse / Scénographie Philippe Casaban et Eric Charbeau / Technique plateau et construction décor Nicolas Brun, Etienne Kimes / Régie Générale Kévin Grin / Administration, production et diffusion Antonin Vulin / CRÉDITS PHOTOS XAVIER CANTAT

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BIOGRAPHIE

Pascale Daniel-Lacombe

Elle suit un parcours universitaire en langues étrangères à la Sorbonne – Paris (maîtrise), qu’elle croise à un cursus de danse et histoire de la danse, dans la même université. Pendant quelques années, elle poursuit sa formation de danseuse à Paris, Londres et New York, où elle reste deux ans dans les écoles de Merce Cunnigham et Alvin Ailey. De retour en France, elle enseigne la danse, travaille avec quelques compagnies pluridisciplinaires et ouvre son champ de compétence vers le théâtre, via des formations diverses. Après un parcours de comédienne interprète, elle se consacre à la mise en scène. Elle crée le théâtre du Rivage au début des années 2000, sur le littoral du pays basque sud en Pyrénées Atlantiques. Depuis plus de 15 ans, elle travaille en duo avec Antonin Vulin, administrateur de la cie. Ils croisent ensemble l’histoire de la compagnie avec celles de leurs projets qui s’accompagnent de différentes équipes artistiques et techniques, libres de se retrouver en fidélité ou de s’agrandir de nouveaux visages. Elle s’attache à la création contemporaine, à des partages de femmes et aime la relation aux auteurs contemporains. Elle y cherche des résonances avec des oeuvres du répertoire, fondatrices des thèmes qu’elle choisit d’aborder. Elle pense le théâtre comme une mise au service de l’âme.

La compagnie du Théâtre du Rivage

La compagnie du Théâtre du Rivage travaille à la création théâtrale en direction du tout public avec, ces dernières années, une attention pour l’adolescence qui entre dans la jeune vie adulte. Elle trouve sa source en différents répertoires et mélange parfois les disciplines et les langues. A chaque création, elle croise toujours ses travaux avec les publics, via des actions périphériques et transversales à ses différents projets. Au long de son parcours, elle associe son travail en différentes géographies et dispositifs, dans lesquels elle s’aventure avec cette pensée que le théâtre participe à la fois à la construction et à la mouvance du monde. Selon chaque processus de travail, des artistes de divers horizons la rejoignent. La genèse des spectacles est toujours due et motivée par l’histoire tangible de la Cie qui part de quêtes en conquêtes, comme d’autres partaient jadis en mer pour une terre nouvelle, avec divers et précieux équipages. Les propositions libres et distinctes ramenées sur le rivage sont des tentatives artistiques liées par une même envie de surpassement, d’humanité et d’espoir en l’homme... qui espère.

Créations à rayonnement national
Dan Da Dan Dog, Rasmus Lindberg - 2018
Maelström, Fabrice Melquiot - 2018
# JAHM - Les jeux de l’amour et du hasard, Marivaux - 2016
A la renverse, Karin Serres - 2014
Comme du sable, Sylvain Levey - 2013
Mongol, Karin Serres - 2010
Fort, Catherine Anne - 2009
Va vole et vagabone, marionnettes - Vivaldi - 2007
Solisterrae, Pascal Gaigne - 2006
Batekmila, légendes basques - 2006
Petit navire, Normand Chaurette - 2003
Caresses, Sergi Belbel - 2000
George dandin ou le mari confondu, Molière - 1999


NOTES

Maelström, c’est d’abord l’envie d’en découdre avec une tempête intérieure qui vous isole. Puis, c’est l’évidence de la confier à l’auteur Fabrice Melquiot, doué d’une écoute exceptionnelle au monde sensible. Du vôtre, dont il éventre l’âme, au grès de votre voix ou de votre manière d’agir, sans pourtant vous blesser ou vous voler. Sans faire de la rencontre autre chose qu’une nécessité artistique, vitale et urgente, et pour laquelle vous lui livrez votre révolte, sans sourcilier. Ensuite, Maelström, c’est orienter le typhon vers la période de l’adolescence. Dans ce vaste travail que nous menons sur le temps. C’est raconter à Fabrice tout une saison de rencontres avec des adolescents. En plusieurs villes et en différentes approches. C’est lui dire le désarroi que nous y avons trouvé, un peu partout : les espoirs douloureux qui ne trouvent pas la clarté de leurs langages, les combats difficiles et parfois découragés pour construire du présent et des perspectives. Alors, si bien évidemment il y aura toujours la preuve du contraire pour penser l’adolescence comme une jouvence foisonnante, nous avons souhaité cette fois-ci, confier tout notre travail à l’effort de vivre. De le destiner à ces jeunes guerriers du quotidien, en hommage à certains lycéens que nous n’oublions pas, et dont la vie pourrait n’intéresser personne. Mais ce n’est pas possible d’être quelqu’un que personne ne voit, n’est-ce pas ?
Au début du travail, nous avons fixé et partagé des voeux, quelques axes et quelques contraintes : - Faire lien et correspondance avec notre vaste sujet triptyque sur le temps. - Un soliloque – une délibération avec soi-même. - La difficulté d’aller vers demain. - Une manière d’être sourd(e) au monde. - Une paroi de verre. - Un point E54. - Une balle qui siffle. Nous ajoutons la photo d’une adolescente, de dos. Un court extrait de Murakami. Une citation d’Anne Dufourmantelle. Quelques mois plus tard, un après-midi de février, un mail d’une seule phrase s’affiche : « Chère Pascale. Je crois bien que je viens de finir Maelström. Amitiés, Fabrice ».
(…) Encore quelques jours et un nouveau mail. Imaginez. Vous, à cet instant, vous marchez le long de l’océan, là où vous vivez. Il ne fait pas beau. Vous n’attendez pas d’être revenue de votre promenade. La pièce jointe s’ouvre. Debout sur le sable de la plage, dans une lecture rapide et plutôt fébrile s’ouvre un texte paysage. Un puzzle à assembler. Vera, 14 ans, sourde de naissance, mais réceptive comme nulle autre aux bruits du monde, entre en résistance. Elle ressemble à un typhon qui traverse une ville. Imaginez. En vous, devant vous, se lève votre tempête. L’auteur au texte puissant vous a ancré à l’endroit parfait, écrit auprès de la jeune Sarah, 14 ans.
Suivent en quelques semaines des variantes dramaturgiques, des bon raids d’écriture, comme les appelle Fabrice, au contact d’autres adolescents, eux aussi à la recherche d’un soleil qui ne serait qu’à eux.
Pascale Daniel-Lacombe


PRESSE

Sublime rage de vivre.

Karin Serres et Fabrice Melquiot écrivent pour le théâtre sans pour autant faire discours. Ces écritures induisent des états de corps sans pour autant les commander. Pas plus d’indications scéniques chez l’un que chez l’autre. Pourtant leurs forces suggestives permettent à la metteuse en scène Pascale Daniel-Lacombe de révéler allègrement, dans les mots comme dans les corps, la sublime rage de vivre de l’adolescence, sa douleur autant que sa beauté éphémère.
Marion Lambert, s’empare de la parole de Véra, 14 ans, atteinte de surdité depuis la naissance, avec une humanité qui remonte depuis les profondeurs de sa propre intimité, s’appropriant ses états d’âme autant que ses états de chair. Depuis son refuge, qui prend ici la forme d’un abris bus, l’actrice fait entendre le parcours semé d’embuches de son personnage, sa « bataille navale » quotidienne pour exister dans une société qui, dans un passé pas si lointain, l’aurait stérilisée. « C’est qui la puissante ? » se répète-t-elle pour résister à ceux qui voudraient qu’elle pense autrement, qu’elle reste différente, se « dessine avec des feutres à part ». À l’écoute de son intuition, le personnage de Véra se maintient en équilibre, sur son radeau même instable, à la bonne distance du monde, tantôt immergée dans ses bruits, équipée de processeurs de sons, tantôt dans son silence. Et nous, pourvus de casques audio, pouvons aussi faire expérience, non pas entre les sons et le silence, mais entre la voix de Véra seule, et sa voix amplifiée, accompagnée des bruits ambiants de la ville. Les espaces coulissants du décor accompagnent les pensées multidirectionnelles de Véra que Marion incorpore avec agilité, au coeur de cette période de vie où « nous marchons de notre pas certain vers ce que nous sommes de plus sûrs… »
Et parce que l’adolescence est synonyme, chez chacun, d’un lot de questionnement, de remise en question, de choix à faire, les histoires des uns font échos à celles des autres, et peu importe depuis quelle rive elles se partagent, elles se rejoignent sensiblement. Pascale Daniel-Lacombe travaille déjà à l’élaboration d’une troisième pièce, Dan Da Dan Dog, du suédois Rasmus Lindberg, dont la création est prévue pour novembre 2018, et qui s’inscrit dans le sillon de cet âge d’or.
Mouvement, 26 juillet 2018.

Une comédienne formidable pour dire le monde et les fêlures de l’être.

Pascale Daniel-Lacombe possède entre autres talents, celui de dénicher lors de ses auditions de jeunes comédiens la perle rare, l’interprète qui portera au plateau son rôle avec une force incroyable. De celle qui emporte tout et convainc d’emblée un public pas forcément acquis.
La metteuse en scène du Théâtre du Rivage a pris un vrai risque en présentant à Avignon les toutes premières dates de Maelström, cette pièce commandée à Fabrice Melquiot pour ouvrir un triptyque sur le thème « Etre là ». Marion Lambert est là et bien là. Elle incarne à la perfection le personnage de Véra. Face au public, elle est cette jeune fille androgyne, en révolte, en colère contre un monde tour à tour trop fade ou trop violent, incompréhensible pour ce coeur pur et exalté. Au spectateur muni d’un casque pendant toute la durée du spectacle. Véra dit tout ou presque. Des rapports difficiles avec sa mère, de cet amour naissant et déjà déçu, de cette envie farouche parfois de s’extraire du monde en ôtant ses implants cochléaires, de ses rêves aussi.
C’est l’un d’eux, conscient ou inconscient, qui la confronte à une femme âgée dont elle se demande si ce n’est pas elle. Plus tard, ailleurs, dans un futur qui l’espace d’un instant à croisé son présent. Le texte à ellipses de Fabrice Melquiot résonne avec une grande justesse dans la bouche de Marion Lambert, excellente comédienne, par ailleurs membre du collectif O’so. La scénographie, superbe et judicieuse, qui n’est pas sans rappeler celle d’A la renverse, place le public dans une relation d’hyper proximité, forcément troublante avec l’interprète qui lui fait face. Quant à l’utilisation du casque elle s’avère judicieuse. En plongeant l’auditeur spectateur dans l’intime de l’être et de sa révolte, elle le met à l’épreuve de la violence de ce dialogue intérieur qui anime cette jeune fille sourde. Dans un rapport aux mots qui sont, pour elle, un exutoire autant qu’un refuge. Dans l’écrin de ce nouveau lieu avignonnais qu’est cette chapelle du Parvis, Pascale Daniel-Lacombe a réussi son pari. Elle a su révéler toutes les fêlures d’une adolescence cabossée qui parvient à dire un monde qui l’ignore. A travers ses yeux, c’est notre propre rapport au monde qui apparaît. Nos frustrations, nos espoirs, nos doutes, notre crainte d’échouer, de « rater sa vie ». Véra nous les révèle avec une acuité nouvelle et interroge ses jeunes spectateurs autant sur leur être, leur présence au monde (« Être là ») que sur leur devenir.
Nul doute que cette création du Théâtre du Rivage « coup de coeur » de nombreux professionnels et spectateurs en Avignon, est appelé à une aussi belle destinée qu’A la renverse.
Cyrille Planson, Théâtre(s) Magazine, octobre 2018.


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