One Shot
Danse / VENDREDI 17 MARS 20H  / Le Foirail
1H / TARIF A

« On n’aura jamais eu autant besoin de danser ! » affirmait Ousmane Sy au moment de signer One Shot. Clubber de génie, créateur de l’Afro House Spirit, totalement habité par l’esprit freestyle du hip-hop, il avait déjà posé la structure de cette pièce, prolongement de Queen Blood reçue la saison dernière, avant de s’éteindre prématurément fin 2020. Les danseuses du groupe Paradox-Sal n’ont eu, disent-elles, qu’à fluidifier les transitions pour donner naissance à ce nouvel opus infusé de l’énergie exaltante des battles et du collectif. C’est bien une communauté vivante nourrie d’influences multiples que forment ces interprètes singulières. Un corps de ballet, constitué de cinq danseuses de Paradox-Sal et trois artistes invitées. Sur un mix musical de house dance et d’afrobeat, elles défendent leur fighting spirit, parcourant les estrades luminescentes qui composent la scénographie. Elles descendent dans l’arène pour porter jusqu’au bout ce « besoin vital, irrépressible et heureux de danser » dont parlait le chorégraphe. De cette sororité explosive émane un mélange de douceur et de force, de rage contenue et de sensualité qui permet à ces reines du dancefloor de nous communiquer bien plus que leur seule virtuosité : leur incroyable puissance de vie.

Chorégraphie Ousmane Sy — Avec Allauné Blegbo, Cynthia Casimir, Nadia Gabrieli Kalati, Odile Lacides, Anaïs Mpanda, trois guests et un DJ — Création lumières Xavier Lescat — Son et arrangements Adrien Kanter — Costumes Laure Maheo — Regards extérieurs Kenny Cammarota, Valentina Dragotta, Audrey Minko — Crédit photos Timothée Lejolivet
PRODUCTION

Commande et production Théâtre de Suresnes Jean Vilar, festival Suresnes cités danse 2021 Production déléguée Collectif FAIR-E, CCN de Rennes et de Bretagne. Le CCN de Rennes et de Bretagne, dirigé par le collectif FAIR-E, est une association subventionnée par le Ministère de la Culture – Direction régionale des Affaires culturelles de Bretagne, la Ville de Rennes, le Conseil régional de Bretagne et le Conseil départemental d’Illeet- Vilaine. Avec le soutien de Cités danse connexions et Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines – Fondation de France – La Villette 2020. Résidences Théâtre de Suresnes Jean Vilar, La Villette Paris, et CCN de Rennes et de Bretagne.

« On n’aura jamais eu autant besoin de danser ! » affirmait Ousmane Sy au moment de signer One Shot. Clubber de génie, créateur de l’Afro House Spirit, totalement habité par l’esprit freestyle du hip-hop, il avait déjà posé la structure de cette pièce, prolongement de Queen Blood reçue la saison dernière, avant de s’éteindre prématurément fin 2020. Les danseuses du groupe Paradox-Sal n’ont eu, disent-elles, qu’à fluidifier les transitions pour donner naissance à ce nouvel opus infusé de l’énergie exaltante des battles et du collectif. C’est bien une communauté vivante nourrie d’influences multiples que forment ces interprètes singulières. Un corps de ballet, constitué de cinq danseuses de Paradox-Sal et trois artistes invitées. Sur un mix musical de house dance et d’afrobeat, elles défendent leur fighting spirit, parcourant les estrades luminescentes qui composent la scénographie. Elles descendent dans l’arène pour porter jusqu’au bout ce « besoin vital, irrépressible et heureux de danser » dont parlait le chorégraphe. De cette sororité explosive émane un mélange de douceur et de force, de rage contenue et de sensualité qui permet à ces reines du dancefloor de nous communiquer bien plus que leur seule virtuosité : leur incroyable puissance de vie.

DISTRIBUTION

Chorégraphie Ousmane Sy — Avec Allauné Blegbo, Cynthia Casimir, Nadia Gabrieli Kalati, Odile Lacides, Anaïs Mpanda, trois guests et un DJ — Création lumières Xavier Lescat — Son et arrangements Adrien Kanter — Costumes Laure Maheo — Regards extérieurs Kenny Cammarota, Valentina Dragotta, Audrey Minko — Crédit photos Timothée Lejolivet

 
INSTANTS PLURIELS
Paradox-Sal
WORKSHOP DANSE
SAMEDI 18 MARS 10H-13H
Théâtre Saragosse

« On n’aura jamais eu autant besoin de danser ! » affirmait Ousmane Sy, au moment de la création de One Shot, pièce dédiée au collectif féminin Paradox-Sal. Ce groupe, fondé par l’artiste en 2012, est caractérisé par la diversité des parcours de ses membres, réunies sur une technique de danse et un style de musique communs : la house. À l’occasion de la programmation de One Shot au Foirail, l’une des interprètes de la pièce propose un atelier de découverte de la house dance. Née dans les clubs new-yorkais dans les années 1980, et dansée la plupart du temps en boîtes de nuit, la house se traduit par un riche mélange de pas d’origines très diverses : Salsa, Afro, claquettes… Cette danse se reconnaît par un style léger et aérien. Un moment tonique à partager dans la bonne humeur pour éprouver le temps de quelques pas l’incroyable puissance de vie des Paradox-Sal !

Tous publics. Tarif unique 25€.
Les participants bénéficient d’un tarif réduit pour le spectacle One Shot.

 

Ousmane Sy
Depuis ses premiers footworks il y a bientôt trente ans, Ousmane Sy s’attache à traduire en danse sa fascination pour le mouvement concerté d’une équipe de football. Son univers artistique, présent sur des terrains multiples, se compose de passements de jambes, de courses croisées, d’échanges transversaux entre le dance floor et la scène et d’un irrépressible désir de dépassement de soi à travers le groupe. Un pied dans le club, l’autre dans le battle  : c’est entre ces espaces d’expression qu’Ousmane, dit «  Babson  », revendique son appartenance à la house jusqu’à en devenir un des ambassadeurs majeurs en France. En décrochant le titre du «  Battle of the Year  » en 2001 avec Wanted Posse, il porte la «  French touch  » au sommet de la scène internationale en transposant, au centre du défi, la gestuelle androgyne inspirée des boîtes de nuit new-yorkaises. Loin de s’interrompre aux frontières du plan Marshall, sa danse s’intéresse progressivement à ce que la rythmique house porte d’histoires croisées et de filiations afro-descendantes. Ainsi naît l’«  Afro House Spirit  », style contemporain empreint de l’héritage des danses traditionnelles africaines et antillaises. Par la mise en scène, l’instigateur des soirées All 4 House, s’applique à accorder les cheminements individuels des danseuses du groupe Paradox-sal, qu’il forme à la house depuis des années, au cours d’une création en plusieurs actes. Les interprètes y relatent leurs féminités en mouvement  ; de la quête de reconnaissance de leurs pairs, dans Fighting spirit, au passage de l’intime à l’émancipation, avec Queen Blood. Ousmane Sy poursuit par le geste chorégraphique une recherche esthétique influencée autant par le corps de ballet, que l’esprit freestyle du hip hop ou les combinaisons tactiques du sport à onze, traversé par la conviction que l’identité s’accomplit au service de l’entité.

Danse  : la création posthume d’Ousmane Sy en direct sur Culture Box
Danser, encore et toujours. Danser envers et contre tout, pour se dresser contre les épreuves, contre le malheur, et offrir à la vie le plus éclatant des triomphes. C’est la magnifique leçon donnée, samedi 9 janvier, par les danseuses du groupe Paradox-sal dans la grande salle du théâtre Jean-Vilar, à Suresnes (Hauts-de-Seine). Elles auraient dû ce jour-là célébrer l’ouverture du 29e festival Suresnes Cité danse, au côté d’Ousmane Sy qui les avait réunies pour ce One Shot. Hélas, l’épidémie de Covid-19 a eu raison du festival – annulé pour la première fois de son histoire – puis, dans la nuit du 26 au 27 décembre 2020, une crise cardiaque a emporté le chorégraphe, âgé de 45 ans. « La dernière fois que j’ai vu Baba (surnom du danseur, NDLR), il était en pleine répétition et je lui avais promis : quoiqu’il arrive, le spectacle aura lieu et sera capté pour la télévision, raconte Olivier Meyer, directeur du théâtre. En disant cela, je pensais évidemment au Covid. Sa mort était inimaginable ! » Au moment de la disparition brutale d’Ousmane Sy, sa création n’est pas achevée et il reste environ deux semaines de répétitions. Au bout de quelques jours, ses danseuses, effondrées, décident de poursuivre le travail et de le présenter, comme prévu, le 9 janvier. Une première à huis clos devant la famille du chorégraphe dans un lieu qui lui était cher. « C’est ici qu’il a fait sa première scène, en 1999, dans Macadam Macadam de Blanca Li, comme danseur, rappelle Olivier Meyer. Puis je l’ai invité à cinq reprises, comme chorégraphe. Lorsque je lui ai commandé cette création pour le festival, il a accepté en me disant : "Il est urgent de danser." »
Dans le prolongement de sa dernière pièce, Queen Blood, Ousmane Sy, qui codirigeait le Centre chorégraphique national de Rennes avec le collectif Fair-e, avait choisi une distribution 100% féminine. Huit danseuses qui, dans la version achevée sans le chorégraphe, seront rejointes par cinq autres dans le dernier tableau pour un hommage poignant. Pièce orpheline de son créateur, One Shot est animée par une inextinguible pulsion de vie qui illumine l’humanité au milieu du désastre. Au rythme des mix concoctés en direct sur scène par le DJ Sam One, le spectacle déploie l’essence multiple de l’univers d’Ousmane Sy. À la croisée des horizons culturels et chorégraphiques, il orchestre la rencontre des différentes palettes de hip hop mais aussi des danses africaines et, ici, du flamenco avec l’énergie exaltante des « battle » de danses urbaines. Chacune des danseuses brille par la particularité de son style et, lorsqu’elle fait corps avec le groupe, devient l’une des fibres d’un formidable organe vital commun. Une réconciliation juste de l’individu et du collectif, où l’un et l’autre s’enrichissent sans se laisser engloutir. Un idéal mis en mouvement ici par des artistes féminines à la puissance communicative. Elles semblent puiser leur force dans un feu sublimé par l’épreuve et la fragilité qui en découle, pour une flamboyante explosion de danse et de vie.
Marie-Valentine Chaudon, La Croix, 10/01/2021

Danse : dans les coulisses de « One Shot », la pièce posthume d’Ousmane Sy
Le spectacle, que le chorégraphe disparu le 29 décembre 2020 devait présenter lors du festival Suresnes cités danse, sera diffusé en direct le 10 janvier sur le site de France Télévisions. Sensation inconnue et étrange que d’assister à une pièce posthume. Jeudi 7 janvier, au Théâtre Jean Vilar, à Suresnes (Hauts-de-Seine), les ultimes réglages du spectacle One Shot, d’Ousmane Sy (1975-2020) se déroulent dans un calme concentré. Mort d’une crise cardiaque le 27 décembre, le chorégraphe hip-hop, codirecteur du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne depuis 2019, devait ouvrir la 29e édition du festival Suresnes cités danse, le 8 janvier, avec cette production pour huit femmes, spécialement conçue pour la manifestation.
Dans ce contexte très émouvant, et celui de la crise sanitaire, One shot sera dansé à huis clos et retransmis en direct sur France.tv, dimanche 10 janvier. Un événement exceptionnel voulu comme un hommage à l’artiste. « C’est tout simplement l’honneur du métier de programmateur d’assurer la continuité d’un travail malgré les difficultés, confie Olivier Meyer, directeur du festival et du Théâtre Jean Vilar. Je connais et soutiens Ousmane depuis plus de vingt ans. Il a répété jusqu’au bout et son équipe a le courage nécessaire pour montrer la pièce. Si la fragilité de la création est accentuée, il va, je pense, en sortir quelque chose de très beau. »
Sur le plateau, huit danseuses du groupe Paradox-sal, fondé en 2012 par Ousmane Sy, « Baba » pour ses amis, font corps avec une intensité urgente, nerveuse, emportée par les musiques électroniques sous influence africaine de DJ Sam One, complice depuis 2003 d’Ousmane Sy. Cette afro-house, irradiée de voix féminines dont celles de Busiswa Gqulu, Ane Brun ou Nina Simone, mixées avec la collaboration d’Adrien Kanter, donne du ressort aux tricots de jambes rapides et légers des interprètes. « La house de New York et Chicago, ainsi que les sonorités d’Angola ou d’Afrique du Sud que nous avions découvertes Baba et moi en 2008, sont les couleurs musicales qu’il aimait, confie Sam One. Ce mélange permet de danser librement et d’ouvrir à des invités comme par exemple la flamenca Marina De Remedios. »
Encadrées par un dispositif d’estrades aux niveaux différents, les interprètes s’éparpillent dans l’espace, se rassemblent. Elles laissent fuguer des solos, des duos, dont ceux merveilleusement secoués de Cintia Gotilin et Nadia Gabrieli Kalati. La souplesse de cette chorégraphie-accordéon, dont certains tableaux sont des citations de pièces précédentes d’Ousmane Sy, dégage la place à des poches de douceur et de silence. « Nous avions terminé la structure du spectacle avec Baba, précise la danseuse Odile Lacides, proche du chorégraphe depuis 2012. Ce sont les transitions qu’il a fallu fluidifier. Il était impensable pour nous de ne pas terminer ce que nous avions commencé avec lui. C’est un devoir de respect et One Shot est traversé par ce que Baba nous a transmis comme le fighting spirit et l’importance de relever la tête face aux épreuves de la vie… » One Shot était la première commande d’Olivier Meyer à Ousmane Sy depuis leur rencontre en 1999. Jeune danseur, il avait auditionné pour Macadam Macadam, mise en scène par Blanca Li. Dans un entretien, qui devait figurer dans le programme de salle de One Shot, Ousmane Sy, qui évoquait le fait d’être programmé à Suresnes comme un « retour à la maison », racontait : « Macadam Macadam m’a permis de découvrir une nouvelle façon d’appréhender la profession. Etre guidé par une chorégraphe a été une expérience unique, qui m’a énormément inspiré pour la suite. Et d’interprète je suis moi-même devenu chorégraphe, grâce à la confiance d’Olivier Meyer. Cela a beaucoup joué sur la réception de mes créations auprès des différents programmateurs, sans doute rassurés par le fait de voir que mes spectacles fonctionnaient aussi bien auprès du grand public qu’auprès de connaisseurs. »
Rosita Boisseau, Le Monde, 09/01/2021