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Lucie Boisdamour
Chloé Dabert
Théâtre / mardi 11 & mercredi 12 mai 20h  / Le Foirail
durée 1h45 / TARIF A / en famille 15 ans +

Cette fiction théâtrale sous tension reflète les failles de notre perception du monde à l’ère du numérique. Entre thriller et réflexion politique, ce spectacle trouble nos certitudes et met à l’épreuve notre capacité à démêler le vrai du faux.

Ce thriller contemporain suit l’enquête de Louis, victime d’une usurpation d’identité numérique, qui nous entraîne dans les méandres du Dark Web. Rapt, premier texte de l’autrice québécoise Lucie Boisdamour, mis en scène par Chloé Dabert, plonge dans les zones troubles de l’identité numérique et de la manipulation. Fidèle à son goût pour les écritures contemporaines à suspense – de Dennis Kelly à Lucy Kirkwood –, la metteuse en scène déploie dans Rapt un théâtre sociétal à l’humour noir. Elle y sonde les fractures entre réel et virtuel et tisse un réseau de pistes où se croisent activisme écologique, défiance envers les institutions et prolifération de théories complotistes. À l’instar des personnages, on oscille entre confiance et scepticisme dans une suite de revirements déroutants. La scénographie d’une précision naturaliste joue avec les écrans, les projections et les espaces et amplifie le trouble jusqu’au vertige. Entre manipulation de l’information, emprise des réseaux sociaux et choix individuels, Rapt constitue un laboratoire du doute apte à faire vaciller le réel. Laissez-vous prendre au piège !

Texte Lucie Boisdamour / Mise en scène Chloé Dabert / Avec Andréa El Azan, Anne-Lise Heimburger, Juliette Launay, Arthur Verret / Assistanat à la mise en scène Virginie Ferrere / Scénographie Pierre Nouvel / Création costumes Marie La Rocca / Création lumières Auréliane Pazzaglia / Création son Lucas Lelièvre / Maquillage, coiffure Judith Scotto Le Massese / Accessoires Marion Rascagnères / Assistante costumes Élise Beaufort / Patine Bruno Jouvet / Décors Atelier de construction Scenopolis / Régie générale et plateau Marion Koechlin / Régie plateau Mohamed Rezki / Remerciements à Sébastien Éveno, Louise Bartlett, Alexis Mullard, Rose Morel, Marcus Smith, Lili Garnier, Jožko Adamík / Crédit photo Victor Tonelli

Production

Production de création 2023 Comédie – CDN de Reims. Production Théâtre national de Bretagne (Rennes). L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.

Cette fiction théâtrale sous tension reflète les failles de notre perception du monde à l’ère du numérique. Entre thriller et réflexion politique, ce spectacle trouble nos certitudes et met à l’épreuve notre capacité à démêler le vrai du faux.

Ce thriller contemporain suit l’enquête de Louis, victime d’une usurpation d’identité numérique, qui nous entraîne dans les méandres du Dark Web. Rapt, premier texte de l’autrice québécoise Lucie Boisdamour, mis en scène par Chloé Dabert, plonge dans les zones troubles de l’identité numérique et de la manipulation. Fidèle à son goût pour les écritures contemporaines à suspense – de Dennis Kelly à Lucy Kirkwood –, la metteuse en scène déploie dans Rapt un théâtre sociétal à l’humour noir. Elle y sonde les fractures entre réel et virtuel et tisse un réseau de pistes où se croisent activisme écologique, défiance envers les institutions et prolifération de théories complotistes. À l’instar des personnages, on oscille entre confiance et scepticisme dans une suite de revirements déroutants. La scénographie d’une précision naturaliste joue avec les écrans, les projections et les espaces et amplifie le trouble jusqu’au vertige. Entre manipulation de l’information, emprise des réseaux sociaux et choix individuels, Rapt constitue un laboratoire du doute apte à faire vaciller le réel. Laissez-vous prendre au piège !

DISTRIBUTION

Texte Lucie Boisdamour / Mise en scène Chloé Dabert / Avec Andréa El Azan, Anne-Lise Heimburger, Juliette Launay, Arthur Verret / Assistanat à la mise en scène Virginie Ferrere / Scénographie Pierre Nouvel / Création costumes Marie La Rocca / Création lumières Auréliane Pazzaglia / Création son Lucas Lelièvre / Maquillage, coiffure Judith Scotto Le Massese / Accessoires Marion Rascagnères / Assistante costumes Élise Beaufort / Patine Bruno Jouvet / Décors Atelier de construction Scenopolis / Régie générale et plateau Marion Koechlin / Régie plateau Mohamed Rezki / Remerciements à Sébastien Éveno, Louise Bartlett, Alexis Mullard, Rose Morel, Marcus Smith, Lili Garnier, Jožko Adamík / Crédit photo Victor Tonelli

 

Visite du plateau

Rapt de Cholé Dabert
mercredi 12 mai 18h30 (pour le public du 11 mai)
Le Foirail / Gratuit sur réservation

En compagnie d’un.e régisseur.se de la compagnie, venez découvrir de plus près les décors et accessoires de la pièce, poser toutes les questions sur les petites ficelles de la régie et percer à jour les secrets de la machinerie. Cette courte visite commentée est une entrée en matière inédite dans l’œuvre pour une découverte qui se prolonge sur la scène. Un seul préalable pour cette entrée en coulisses : avoir assisté au spectacle !

 

Chloé Dabert

Comédienne et metteuse en scène, Chloé Dabert a été formée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique à Paris (CNSAD). Elle a joué notamment sous la direction de Joël Jouanneau, Jeanne Champagne et Madeleine Louarn.

En 2012, elle fonde avec Sébastien Éveno la compagnie Héros-limite. Le spectacle Orphelins de Dennis Kelly, qu’elle crée à Lorient en 2013 est lauréat du festival Impatience 2014.

Artiste associée au CDDB-Théâtre de Lorient, au CENTQUATRE-PARIS, au Quai - Centre dramatique national d’Angers et résidente à l’espace 1789 de Saint-Ouen, elle met en scène des écritures contemporaines dont plusieurs textes de Lola Lafon et de l’auteur dramatique Dennis Kelly dont elle participe à faire connaître l’écriture en France.

En 2018, elle monte J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce à la Comédie-Française et Iphigénie de Racine au Festival d’Avignon.

En 2020, elle crée Girls and Boys de Dennis Kelly puis Dear Prudence, une commande d’écriture à Christophe Honoré dans le cadre du projet « Lycéen.ne.s citoyen.ne.s, sur les chemins du théâtre ».

En 2021, elle met en espace Le Mur invisible de Marlen Haushofer pour Lola Lafon et Maëva Le Berre au Festival d’Avignon. Elle a créé, en 2022, Le Firmament, Grand Prix du Syndicat de la Critique 2023, une pièce de Lucy Kirkwood, à ce jour inédite en France.

Elle met en scène en 2023, Rapt, la première pièce de la jeune autrice québécoise Lucie Boisdamour.

Elle dirige la Comédie, Centre dramatique national de Reims, depuis janvier 2019.

Sur Rapt

Un pareil coup de théâtre, on n’en avait jamais connu. Ou comment la metteuse en scène Chloé Dabert, en compagnie d’une mystérieuse dramaturge, fomente un vrai petit complot théâtral, pour mieux mettre en abyme le complotisme qui s’insinue partout dans nos sociétés.

Kirkwood - chef de file du renouveau du théâtre politique en Angleterre - a dû prendre une fausse identité, pour pouvoir parler d’une sale affaire, qui pourrait lui valoir des ennuis. Autrement dit, Ravissement (Rapture, dans son titre original, qui peut aussi se traduire par « rapt ») est cachée sous un faux titre, un faux nom d’auteur et un faux pitch, que l’autrice prétend avoir été obligée de créer pour échapper à la censure du gouvernement britannique. Chloé Dabert et Lucy Kirkwood sèment donc le trouble d’emblée, dans ce spectacle scotchant en forme de thriller, qui fait savamment monter la tension et l’angoisse tout au long de la représentation. Vrai, faux ? Documentaire, fiction ? Le public, directement placé sur la frontière entre vérité et mensonge, ne sait plus sur quel pied danser, et ce sera le cas jusqu’au bout.

[... ] Celeste est infirmière à l’hôpital, Noah fait des petits boulots, mais, surtout, il devient rapidement un influenceur politique très suivi sur les réseaux sociaux, avec ses vidéos dans lesquelles il associe la catastrophe climatique naissante à un grand complot ourdi par les élites économiques et politiques de la planète. Très vite, les Quilter ont la certitude d’être épiés, hackés, et entre autres - espionnés par leur voisin, dont ils se persuadent qu’il travaille pour les services secrets. La paranoïa, la peur, la tentation de l’autarcie s’infiltrent, suintent partout dans le pavillon - le babyphone du bébé des Quilter étant notamment soupçonné d’abriter un logiciel espion.

[...] La force de l’autrice britannique qui, à 40 ans, est en pleine possession de ses moyens dramaturgiques, c’est de partir d’une légitime interrogation politique face à l’état du monde, et d’ausculter comment elle dérape insensiblement dans ce qu’on désigne aujourd’hui sous le mot fourre-tout de « complotisme ». Ce qui est travaillé ici, aussi bien dans l’écriture que dans la mise en scène, c’est le glissement paranoïaque, et le terreau sur lequel il fait son lit : le laminage des classes moyennes sous les assauts du capitalisme libéral, le sentiment d’impuissance de l’action politique, la peur et la fascination tout à la fois face à la puissance de la technologie, l’angoisse apocalyptique et climatique.

La force du spectacle de Chloé Dabert, qui, à 47 ans, s’impose comme une des metteuses en scène majeures de sa génération, tient à la virtuosité avec laquelle elle joue, entre théâtre et cinéma, sur les vertiges de cette société de surveillance qui est en train de devenir la nôtre. Jonglant avec les codes du film d’horreur, en contraste avec un réel à la limite du surréel à force de banalité, elle hacke des spectateurs qui ne demandent que ça, aidée par trois acteurs qui jouent avec une crédibilité imparable : Andréa El Azan, Arthur Verret et Anne-Lise Heimburger. Celeste, Noah et Lucy, c’est eux. Mais c’est nous, aussi, entortillés dans les filets de ce Ravissement.

Le Monde, Fabienne Darge, le 28/01/24.


Sur la fragile frontière qui sépare la méfiance légitime du complotisme, sur l’époque post-vérité que l’on traverse, Rapt mis en scène par Chloé Dabert offre une histoire passionnante.

Lucy Kirkwood montre toute la complexité de ce qu’on appelle trop vite le complotisme. L’auteure britannique, que Chloé Dabert monte pour la deuxième fois de suite après Firmament, déploie une langue moderne, au rythme précis et dynamique. Son Rapt part parfois dans tous les sens comme nos vies éparpillées. Mais il montre combien la frontière est ténue entre l’indignation légitime, l’indispensable méfiance face aux pouvoirs technologique, politique et financier et la bascule dans des théories ineptes. Comme ce fut le cas, le confinement en accélère le processus dans cette pièce.

Interprétés par Andréa El Azan et Arthur Verret, Noah et Céleste, jeune couple qui se débat pour ne pas perdre pied dans le flux d’un monde chaotique, sont rendus très touchants. La scénographie ingénieuse de Pierre Nouvel permet de superposer les images vidéo à la vie des deux jeunes gens dans leur appartement. Le réalisme fait le reste - une direction d’acteurs millimétrée - et c’est toute une époque et sa jeune génération qui montent sur scène. Mais à l’heure du militantisme requalifié en écoterrorisme, des fake news et de la méfiance qui progresse partout, dans l’esprit des gens, pour combien de temps encore cet assassinat restera-t-il une fiction ?

La Terrasse, Éric Demey, le 08/01/24.

Note d’intention

En 2022, entre deux sessions de répétitions du Firmament, la comédienne Andréa El Azan part à Montréal pour un stage de deux semaines autour des nouvelles écritures contemporaines. A cette occasion, elle rencontre Lucie Boisdamour, jeune autrice québécoise et découvre son texte Rapt sur lequel elle travaille pendant deux jours. C’est un véritable coup de cœur pour cette pièce qui aborde des thèmes contemporains comme les réseaux sociaux, le dérèglement climatique et des sujets sociétaux que l’on aborde peu au théâtre.

De retour en France, elle me donne à lire ce texte qui semble résonner particulièrement avec la langue de Lucy Kirkwood sur laquelle nous travaillons à ce moment-là. Une écriture précise, ciselée et réaliste, au rythme haletant et à l’humour noir. Dans le texte de Lucie Boisdamour se mêlent subtilement le théâtre, la fiction et des éléments réels. Comme dans la vraie vie, il est difficile de faire le tri. Comment savoir d’où vient l’information et si elle est transformée, orientée, fabriquée parfois ? Comment classer cette avalanche de données ?

Notre rapport aux autres, à l’écologie, à la politique est bouleversé par de nouveaux médias, ce n’est qu’un début mais la vitesse des transformations, des mutations de nos sociétés depuis une décennie est vertigineuse.

Si j’ai choisi de porter cette pièce à la scène c’est parce qu’elle montre d’une façon qui me semble inédite combien notre objectivité est malmenée et à quel point nous nous en retrouvons aujourd’hui désorientés et vulnérables.

Pour l’écrire, l’autrice a mené une véritable enquête, pour tenter de comprendre une vérité qu’elle n’est finalement pas certaine d’avoir trouvé. Mais ces investigations l’ont menée loin, peut-être trop, et les découvertes qu’elle prend le risque de partager avec nous à travers cette pièce singulière me semble essentielles pour pouvoir continuer à cultiver notre libre arbitre.

Chloé Dabert

ESPACES PLURIELS PAU
SCÈNE CONVENTIONNÉE D'INTÉRÊT
NATIONAL ART ET CRÉATION DANSE
17 AVENUE DE SARAGOSSE
64000 PAU