Après sa Block Party festive au Hédas en ouverture de saison, la chorégraphe Jann Gallois mise sur l’énergie de ses six interprètes féminines. Un chœur généreux fait de force et de douceur qui sonde nos croyances, nos peurs et nos espérances.
Contre la destruction, la haine, la violence, contre le désastre du présent, la chorégraphe Jann Gallois, récemment nommée codirectrice de l’Agora, Cité Internationale de la Danse de Montpellier, entend nous rappeler qu’un autre chemin est possible. Imminentes pose l’alternative comme un débordement, une marée pénétrante portée par six femmes souveraines, sorcières, déesses, nymphes qui élèvent leurs murmures tels des mugissements jetés à la face de ce monde en ruine. Puisant dans l’héritage du hip-hop pour composer, au sein de la compagnie BurnOut, un langage chorégraphique unique, Jann Gallois s’attaque de front aux questions existentielles et humanistes qui traversent notre époque. Ici, la danse est un cri silencieux, en écho aux doutes et aux espoirs de notre époque. Les interprètes, issues d’horizons variés, danse contemporaine, hip-hop, théâtre physique et arts du mouvement, nous rappellent par leurs singularités et leur solidarité que, sous les conflits et les désordres du monde, une même énergie nous anime, immuable et universelle. Imminentes nous entraîne, comme une vague chorégraphique réparatrice, dans le sillage de ces douces guerrières débordantes de vie.
Création 2025 / Co-production Espaces Pluriels

Après sa Block Party festive au Hédas en ouverture de saison, la chorégraphe Jann Gallois mise sur l’énergie de ses six interprètes féminines. Un chœur généreux fait de force et de douceur qui sonde nos croyances, nos peurs et nos espérances.
Contre la destruction, la haine, la violence, contre le désastre du présent, la chorégraphe Jann Gallois, récemment nommée codirectrice de l’Agora, Cité Internationale de la Danse de Montpellier, entend nous rappeler qu’un autre chemin est possible. Imminentes pose l’alternative comme un débordement, une marée pénétrante portée par six femmes souveraines, sorcières, déesses, nymphes qui élèvent leurs murmures tels des mugissements jetés à la face de ce monde en ruine. Puisant dans l’héritage du hip-hop pour composer, au sein de la compagnie BurnOut, un langage chorégraphique unique, Jann Gallois s’attaque de front aux questions existentielles et humanistes qui traversent notre époque. Ici, la danse est un cri silencieux, en écho aux doutes et aux espoirs de notre époque. Les interprètes, issues d’horizons variés, danse contemporaine, hip-hop, théâtre physique et arts du mouvement, nous rappellent par leurs singularités et leur solidarité que, sous les conflits et les désordres du monde, une même énergie nous anime, immuable et universelle. Imminentes nous entraîne, comme une vague chorégraphique réparatrice, dans le sillage de ces douces guerrières débordantes de vie.
Jann Gallois
Autodidacte, Jann Gallois entre dans la danse par les portes du hip hop en 2004. Après un riche parcours
d’interprète pour différents chorégraphes, Jann fonde la compagnie BurnOut en 2012 dans le but de
développer sa propre gestuelle alliant technique hip hop et écriture contemporaine. Dans chacune de ses
créations, la chorégraphe propose avant tout des pistes de réflexion profonde sur ce qui constitue la
nature humaine et sur l’importance d’un message humaniste chargé d’espoir.
Sa première pièce P=mg est neuf fois récompensée par des prix nationaux et internationaux tels que le Prix
Paris Jeunes Talents, le prix Machol Shalem en Israël, le prix Solo Tanz Theater en Allemagne, le Gdansk
Prize en Pologne et le Prix Masdanza en Espagne. Très vite repérée, Jann Gallois devient artiste associée
au sein de certaines des plus prestigieuses institutions dédiées à la danse contemporaine telles que
Chaillot-Théâtre National de la Danse à Paris, la Maison de la Danse de Lyon et la Maison des Arts et de la
Culture de Créteil entre autres.
Aujourd’hui largement reconnue à l’échelle nationale et internationale, Jann Gallois a créé un répertoire de
plus de douze pièces et continue d’innover dans le domaine chorégraphique si singulier qui la caractérise.
En 2022, elle reçoit le titre d’ “Officier des Arts et des Lettres" par Roselyne Bachelot alors Ministre de la
Culture.
Le 10 avril 2025, Jann Gallois est nommée codirectrice de l’Agora, Cité Internationale de la Danse de
Montpelier, auprès de Dominique Hervieu, Hofesh Shechter et Pierre Martinez.
Dans « Imminentes », de Jann Gallois, six danseuses font corps commun
Le spectacle de la chorégraphe, présenté en ouverture du festival Suresnes Cités Danse, célèbre la force du contact entre les interprètes.
La 34e édition du festival Suresnes Cités Danse s’est ouverte en douceur, vendredi 9 janvier, avec le spectacle Imminentes, de la chorégraphe Jann Gallois. Emportée par six danseuses aussi joueuses que fonceuses, cette pièce tendrement féministe a vaporisé des flux d’émotions positives et bienveillantes sur les 850 spectateurs du Théâtre de Suresnes (Hauts-de-Seine).
S’adoucir d’accord, mais sans mollir. L’énergie qui irrigue non-stop Imminentes pulse à plein régime. Sous l’influence de la lecture de Puissance de la douceur (Payot, 2013), un essai de la psychanalyste et philosophe Anne Dufourmantelle (1964-2017), elle se transforme en permanence comme une rivière qui gonfle soudain puis se rétrécit, bouillonne et se calme, file droit pour mieux se laisser aller à serpenter. Sur le plateau vide, simplement énervé par les circonvolutions de ce ruban humain, elle nourrit des paysages différents. Leurs climats se recouvrent les uns les autres soutenus par la musique électro groovy et percussive de Patrick de Oliveira.
Le contact est primordial dans cette traversée dont les danseuses-navigatrices ne perdent jamais le cap : rester ensemble et unies. Qu’elles soient reliées main dans la main dans une chaîne humaine qui prend toutes les formes possibles ou s’alignent côte à côte dans un couloir de lumière, elles font corps commun et leur cause est claire. Individuellement et en groupe, elles explosent de vitalité et d’affirmation tranquille d’elles-mêmes sur le fil d’une gestuelle tressant hip-hop et contemporain. Et lorsque enracinées en grands pliés, bras moulinant comme par grand vent, elles turbinent à fond, leur déchaînement éclate joyeusement.
Jann Gallois est une habituée de Suresnes Cités Danse qui l’a programmée dès le début des années 2000 alors qu’elle était toute jeune interprète dans des pièces de Sylvain Groud et Angelin Preljocaj. Depuis la naissance de sa compagnie BurnOut en 2012, celle qui est aujourd’hui codirectrice de L’Agora, Cité internationale de la danse, à Montpellier, a creusé une veine chorégraphique très personnelle au gré de thématiques incisives. Soufflée par une inspiration musicale forte – elle a étudié le piano mais aussi le cor –, elle a conçu 13 spectacles qui ont tous été présentés à Suresnes. Dès 2013, elle révèle son tempérament de performeuse dans son solo fondateur P=mg sur le thème de la gravité et du poids. Toujours seule en scène, elle met en joue avec fougue et précision dans Diagnostic F20.9 (2015) la question de la schizophrénie. Quelques années plus tard, en 2019, elle livre dans Samsara – une création pour sept interprètes inspirée par la philosophie bouddhiste et qui signifie, en sanscrit, « ensemble de ce qui circule » – une quête sur la survie où les tensions finissent par se diluer.
Avec Imminentes, elle affirme une vision collective optimiste dont les corps des jeunes interprètes, surprenantes, se font les étendards pacifiques. Mais pourquoi ce titre étrange ? Qu’est-il sur le point d’arriver qui se conjugue au féminin pluriel ? Selon Jann Gallois, « le choix d’Imminentes souligne [s]a conviction que nous vivons un siècle où les femmes ont un rôle déterminant à jouer pour que notre société décide de changer de direction et se tourne vers un avenir apaisé, à condition qu’on le désire toutes et tous ensemble ». En avant toutes !
Rosita Boisseau, Le Monde, 14 janvier 2026.