Mazùt
Cirque - Théâtre - Danse / JEUDI 17 ET VENDREDI 18 NOVEMBRE 20H  / Le Foirail
1h05 / TARIF B

Celles et ceux qui ont eu le bonheur de découvrir le dyptique et Falaise de Baro d’evel, deux volets à la fois burlesques, épiques et intimes sur le déséquilibre, la relation à l’autre et l’animalité, auront plaisir à s’immerger dans la pièce fondatrice de la compagnie, Mazùt (2012). Le duo Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias transmet aujourd’hui cette création matricielle à deux interprètes de leur génération aux parcours riches et au talent indéniable : Claire Lamothe et Julien Cassier. Le public plonge avec eux dans un univers en transformation, entre cataclysme et folie douce. Un monde de papiers qui se froissent, d’eau qui ruisselle, de couleurs qui dégoulinent. Un effondrement poétique sans tragique où le rire jaillit au détour d’une maladresse. Car le clown n’est jamais loin de ces deux individus captifs d’un énigmatique rituel de travail, brassant de grandes cartes à la recherche d’un sens dans un bureau qui prend l’eau. Les portés, la danse, le travail des textures et des sons, la voix lyrique et sauvage de Claire Lamothe, le corps athlétique et l’intensité théâtrale de Julien Cassier composent ce désordre organique et délicieusement vivant. Ils dessinent un chaos poétique qui oscille entre l’absurde et l’ordinaire. La musicalité du geste et la beauté plastique des matières irradient dans son entier cette « petite cérémonie » insolite conçue pour ré-enchanter le monde.

Auteurs et metteurs en scène Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias — Artistes interprètes Julien Cassier, Claire Lamothe — Collaborateurs Benoît Bonnemaison-Fitte, Maria Muñoz et Pep Ramis — Création lumière Adèle Grépinet — Création sonore Fanny Thollot — Création costumes Céline Sathal — Travail rythmique Marc Miralta — Ingénieur gouttes Thomas Pachoud — Construction Laurent Jacquin — Régie lumières et régie générale Louise Bouchicot ou Marie Boethas — Régie son Timothée Langlois ou Naïma Delmond — Régie plateau Cédric Bréjoux, Mathieu Miorin — Direction technique Nina Pire — Directeur délégué - Diffusion Laurent Ballay — Chargé de production Pierre Compayré — Administratrice de production Caroline Mazeaud — Chargée de communication Ariane Zaytzeff — Crédit photos François Passerini
PRODUCTION

Production Baro d’evel. Coproductions ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint- Denis, Teatre Lliure de Barcelone, le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées, Malakoff scène nationale – Théâtre 71, Romaeuropa festival, L’Estive scène nationale de Foix et de l’Ariège. / Accueils en résidence ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, L’Estive scène nationale de Foix et de l’Ariège. Avec l’aide à la reprise de la DGCA, Ministère de la culture et de la communication, du Conseil départemental de la Haute-Garonne et de la Ville de Toulouse. La compagnie est conventionnée par le ministère de la culture et de la communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée. / Création originale Création le 3 juillet 2012 au festival Montpellier Danse. Production Baro d’evel. Coproductions Pronomade(s) en Haute-Garonne, Centre national des arts de la rue, Théâtre Mercat de les Flors de Barcelona, El Canal - Centre d’arts escèniques de Salt-Girona, La Verrerie, pôle national des arts du cirque Languedoc- Roussillon et le Festival Montpellier Danse 2012 le Festival La Strada à Graz (Autriche). Avec le soutien de L’Animal a l’esquena à Celrà et de la scène nationale du Petit-Quevilly - Mont- Saint-Aignan. / Avec l’aide du Ministère de la culture et de la communication - DRAC Midi-Pyrénées, du Conseil régional Midi- Pyrénées et du Conseil général de la Haute- Garonne.

Celles et ceux qui ont eu le bonheur de découvrir le dyptique et Falaise de Baro d’evel, deux volets à la fois burlesques, épiques et intimes sur le déséquilibre, la relation à l’autre et l’animalité, auront plaisir à s’immerger dans la pièce fondatrice de la compagnie, Mazùt (2012). Le duo Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias transmet aujourd’hui cette création matricielle à deux interprètes de leur génération aux parcours riches et au talent indéniable : Claire Lamothe et Julien Cassier. Le public plonge avec eux dans un univers en transformation, entre cataclysme et folie douce. Un monde de papiers qui se froissent, d’eau qui ruisselle, de couleurs qui dégoulinent. Un effondrement poétique sans tragique où le rire jaillit au détour d’une maladresse. Car le clown n’est jamais loin de ces deux individus captifs d’un énigmatique rituel de travail, brassant de grandes cartes à la recherche d’un sens dans un bureau qui prend l’eau. Les portés, la danse, le travail des textures et des sons, la voix lyrique et sauvage de Claire Lamothe, le corps athlétique et l’intensité théâtrale de Julien Cassier composent ce désordre organique et délicieusement vivant. Ils dessinent un chaos poétique qui oscille entre l’absurde et l’ordinaire. La musicalité du geste et la beauté plastique des matières irradient dans son entier cette « petite cérémonie » insolite conçue pour ré-enchanter le monde.

DISTRIBUTION

Auteurs et metteurs en scène Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias — Artistes interprètes Julien Cassier, Claire Lamothe — Collaborateurs Benoît Bonnemaison-Fitte, Maria Muñoz et Pep Ramis — Création lumière Adèle Grépinet — Création sonore Fanny Thollot — Création costumes Céline Sathal — Travail rythmique Marc Miralta — Ingénieur gouttes Thomas Pachoud — Construction Laurent Jacquin — Régie lumières et régie générale Louise Bouchicot ou Marie Boethas — Régie son Timothée Langlois ou Naïma Delmond — Régie plateau Cédric Bréjoux, Mathieu Miorin — Direction technique Nina Pire — Directeur délégué - Diffusion Laurent Ballay — Chargé de production Pierre Compayré — Administratrice de production Caroline Mazeaud — Chargée de communication Ariane Zaytzeff — Crédit photos François Passerini

   

Baro d’evel
Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias, un duo franco-catalan.
Ensemble ils fondent la compagnie Baro d’evel cirk, née d’un collectif en 2001, dont ils prennent la direction artistique à partir de 2006. Le mode opératoire de leurs créations et la spécificité de leur approche dramaturgique naissent de la superposition de matières, dans un travail au long cours où des lignes de fond se travaillent conjointement : travail avec les animaux, mouvement, musicalité, conception de l’espace, recherches plastiques… Au fil des jours, des mois, des années, des sillons se creusent dans des champs artistiques distincts, approfondissant toujours un peu plus l’exploration ; et quand le temps de la création arrive, ils font converger ces sillons vers un creuset créatif.

Camille Decourtye
Créatrice de Baro d’evel, Camille Decourtye est auteure et interprète de l’ensemble des spectacles de la compagnie. De son enfance auprès des chevaux, faite de voyages en roulottes et à cheval, elle garde la nécessité d’inventer un mode de vie et de recherche qui répondra à son besoin d’itinérance et de rencontres. Cela l’amène à se former dans les écoles nationales de cirque et à développer un travail d’expérimentation sur le mouvement et sur la voix. Elle continue d’affiner son lien et sa collaboration avec les animaux avec lesquels elle vit à partir d’un travail basé sur les principes de l’éthologie. Son besoin de dire l’invisible, de mettre en lumière ce qui nous relie dans ce monde abîmé, lui donne l’énergie de questionner dans chaque projet comment se cachent en chacun des artistes et des spectateurs les conflits et les arrangements complexes que nous faisons avec le monde. Son obsession du décloisonnement des langages, des rôles et des modes d’expérimentation fait de l’écriture de Baro d’evel une quête de métaphysique en mouvement.

Blaï Mateu Trias
Créateur de Baro d’evel, Blaï Mateu Trias est auteur et interprète de l’ensemble des spectacles de la compagnie. Né à Barcelone, il grandit dans les courants artistiques catalans post-Franco, avec deux parents clowns. Avec le Circ Cric, les tournées aux côtés de Tortell Poltrona et les expéditions avec Clowns sans frontières, il développe un goût pour la croisée des langages. Il part à l’âge de 16 ans pour se former aux arts du cirque en France puis s’y installe. Sa rencontre d’une nouvelle culture ouvre sa perception des possibles mais aussi confirme son attachement à ses influences d’origine : la Catalogne, son architecture et ses peintres, un rapport politique au clown et à son regard bienveillant sur le monde, la générosité et l’audace des arts de la rue. Son sens du rythme et de l’espace est à la base de son travail de recherche et son obsession de la musicalité du mouvement génère des écritures chorégraphiques singulières. Son besoin viscéral d’expérimentation à travers la matière lui fait concevoir des espaces de jeu innovants et lui permet de questionner les formes d’écritures contemporaines avec Baro d’evel depuis 20 ans.

Baro d’evel, des animaux et des hommes entre « Mazùt » et « Falaise »
Les « petites cérémonies pour être ensemble » de Baro d’Evel, qui sont parfois grandes, offrent depuis vingt ans de singuliers voyages à qui s’y aventure. Le diptyque formé de et Falaise et la recréation du duo Mazùt qui tournent cette saison offrent un beau panorama sur l’univers de la compagnie, où les hommes et les animaux participent d’un même ré-enchantement du monde. Avec sa tribu faite d’hommes, de chevaux, d’oiseaux et parfois de quelque animal plus fréquemment domestique, Baro d’Evel ne cesse depuis sa création de voyager à la frontière de plusieurs disciplines. En brassant dans un même geste tantôt intimiste tantôt épique, toujours poétique, l’acrobatie, la danse, le chant, le théâtre ou encore le travail sur la matière, cette compagnie ravive à chaque spectacle la flamme qui l’a fait naître en 2000. Avec Mazùt, interprétée dans sa version actuelle par Marlène Rostaing, Julien Cassier – la compagnie revient ainsi aux tout débuts de son histoire, collective – et le chien Patchouka, Baro d’Evel livre quelques clés de compréhension de l’un des éléments principaux de sa poétique : son lien fort aux animaux en général, aux chevaux et aux oiseaux en particulier. En invitant sur scène l’animal domestique à vaquer à ses activités habituelles – dormir, manger, faire sa toilette… – sans rien exiger de lui, les deux interprètes vont à l’essence du geste rassembleur de Baro d’Evel. Sans avoir besoin de le formuler, ils disent que si Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias s’entourent d’animaux, c’est au nom d’une vision du monde non-anthropocentrée. Ce que confirme leur traitement du langage, qui n’est guère plus – et même souvent moins – utile à la compréhension du monde, à son organisation, que la danse d’une femme ou d’un homme, que la marche d’un cheval ou l’envol d’un corbeau. Tout en se structurant, en se faisant accueillir sur des scènes de plus en plus prestigieuses, où le cirque a encore peu sa place, Baro d’Evel poursuit ainsi son chemin à l’écart des ordres établis. Les hommes, le cheval et les oiseaux de Falaise, sa dernière création – si l’on ne compte pas la reprise de Mazùt en 2021 – se consacrent à la même noble besogne que toutes les créatures qui peuplent les pièces de la compagnie, surtout depuis que Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias en assurent seuls la direction, depuis 2006 : ils fabriquent à vue, selon leur expression, de « petites cérémonies pour être ensemble ». Des rituels étranges qui ont tous leur identité, leur autonomie, mais que l’on sent fortement reliés par un même désir de changer le monde, de le ré-enchanter. Avec la notion de création comme avec bien d’autres choses, Baro d’Evel entretient un rapport particulier : si elle amène du neuf, c’est toujours pour réactiver l’ancien. Pour lui faire de nouveau luire le poil, battre des ailes et dire des choses étranges et belles.
Anaïs Heluin, sceneweb, 7 novembre 2021.

Le cirque est le point de rencontre de ces deux personnalités. Véhéments et somptueux performeurs, ils se croisent en 1996 lors du concours d’entrée au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (Marne). Elle, cavalière et gymnaste, a grandi dans une ferme avec ses parents instituteurs et au milieu d’enfants de la DASS avec lesquels elle partageait ses randonnées à cheval : « Nous étions proches de la nature mais au sein d’une société qui se répare auprès des animaux. » Lui est catalan, fils du clown Jaume Mateu « Tortell Poltrona », également créateur de l’association Clowns sans frontières. « Je suis clown moi-même mais plus influencé dans mon travail par les arts plastiques et en particulier les peintres catalans Tapies, Miró, Barcelo ou Frédéric Amat » , ajoute Blaï Mateu Trias. Un penchant qui se déploie dans les scénographies, proches d’installations ou de tableaux vivants, activés en direct par les interprètes. Impossible de coller une étiquette sur Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias. « On ne veut pas être identifiable, ni être résumé à une seule chose. » Pour preuve, Mazut, virage dans leur parcours, bulle d’absurde délicieusement insaisissable. Il suffit de deux tables pour emporter le duo dans la spirale de la folie douce sauvée par l’amour. Tandis que la maison en papier prend l’eau, elle se colore en direct de coulées de peinture. , créé en 2018, dessine en noir et blanc les fissures intimes d’un homme et une femme. « Aucune pièce ne se ressemble, dit Blaï Mateu Trias. Mais on enfonce le même clou : les thèmes de la chute, de l’empêchement, de l’autre, qu’il soit enfant ou animal. Quant au rire, il est toujours présent. Les clowns et les animaux sont nos figures totems et nos guides. » En salle, sous chapiteau ou dans la rue, Baro d’evel malaxe la poésie de la matière, de l’argile au fil électrique, en affirmant sa foi dans le vivant. Les parois calcinées de Falaise (2019), grosse production pour 8 acrobates, un cheval et des pigeons, peuvent bien s’effondrer et le plateau se couvrir de cailloux, la tribu se relève encore et toujours pour recoller les morceaux. « Nos spectacles se veulent des cérémonials, glissent-ils. On leur dédie notre vie. » En complicité avec le musicien espagnol Raül Refree, Camille Decourtye écrit actuellement des chansons pour un nouvel opus tandis que Blaï Mateu Trias poursuit ses progrès en céramique. « On ne sait pas encore à quoi ça va ressembler, mais on verra bien. »
Rosita Boisseau, Le Monde, 25/10/21.

Un des acrobates de la compagnie racontait récemment que son premier souvenir au sein de Baro d’evel a été de nous rencontrer en fabriquant un mur de papier de 80 affiches collées les unes aux autres. Cette anecdote raconte beaucoup du fonctionnement de la compagnie. En effet notre recherche n’est pas cloisonnée et l’ensemble des artistes mais aussi collaborateurs et techniciens se déplacent, s’influencent dans leurs spécificités. Se mettre en danger artistiquement, chercher un art total, est un défi moteur pour nous, nous avons besoin des croisements, des rencontres tout en cherchant l’excellence de chaque discipline. C’est un travail ardu et quotidien, nous mêlons le mouvement, l’acrobatie, la voix, la musique, la matière, et notre particularité est d’incorporer à cette recherche la présence d’animaux. Dans nos espaces de jeu, pensés comme des écrins, les animaux sur scène apportent une certaine fulgurance de l’émotion, le spectateur est traversé par leur présence et une autre perception de la représentation a lieu. Nous aimons prendre le risque d’une écriture précise prête à improviser à chaque instant, penser une dramaturgie à tiroirs, comme des poèmes intérieurs qui en fabriquent un plus grand. C’est un paradoxe d’avoir des écritures à la fois millimétrées et en même temps tout à fait libres mais c’est une manière pour nous d’être toujours en recherche de la justesse de l’instant, donner à voir ce qui nous échappe ce qui se raconte malgré nous. Nous aimons penser la représentation comme une cérémonie, un ré-enchantement, convier toutes ces disciplines, avoir sur scène ces animaux, ces enfants, ces artistes, pour fabriquer des spectacles qui emmènent le spectateur dans un labyrinthe intérieur, dans un rêve éveillé.
Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias