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Collectif XY
Cirque / mardi 13 & mercredi 14 octobre 20h  / Le Foirail
durée 1h / TARIF A / en famille 7 ans +

Des corps aériens qui s’agrègent, se dressent et composent des paysages mouvants qui se défont sous nos yeux. Vingt-deux acrobates et chanteur·euse·s aiguisent notre perception du temps et mettent en lumière les fragiles équilibres du vivant.

Le Pas du Monde est la sixième création du Collectif XY, qui développe depuis plus de vingt ans une écriture fondée sur le porté acrobatique. Après Möbius, en collaboration avec le chorégraphe Rachid Ouramdane et accueilli en 2024, le collectif déplace son écriture vers les métamorphoses de l’être. Se croisent sur le plateau deux temporalités : celle de la vie humaine, de ses émotions et de ses transformations – de l’enfance au grand âge –, et celle d’une nature dont le cours nous dépasse. Porteur·euse·s et voltigeur·euse·s y figurent des montagnes, des forêts, des vagues, travaillant la lente érosion comme la chute soudaine, la fulgurance d’un saut comme l’effondrement progressif d’une colonne. Les lumières en clair-obscur sculptent l’espace et donnent aux corps une dimension presque géologique. Trois voix lyriques se mêlent aux souffles et aux impacts physiques, soutenant l’approche musicale de cet hymne à la nature. Cette échappée joyeuse et douce, au rythme du monde, nous suggère que toute réconciliation avec le vivant passe par un devenir-cosmos. Une fresque spectaculaire d’une délicatesse inattendue.

Création collective Airelle Caen, Alejo Bianchi, Alice Noël, Amaia Valle, Antonio Terrones y Hernandez, Camille de Truchis, Clémence Gilbert, Consuelo Burgos Bustos, Cyril Héritier, Denis Dulon, Diego Ruiz Moreno, Etienne Revenu, Guillaume Sendron, Florian Sontowski, Hamza Benlabied, Julie Calbete, Kritonas Anastasopoulos, Mikis Matsakis, Oded Avinathan, Raimon Mato Rabassedas, Raphaela Abreu Olivo de Almeida, Virginie Benoist / Direction musicale et composition vocale Virginie Benoist / Création sonore Jack McWeeny / Création lumière Éric Soyer assisté d’Aliénor Lebert / Création costumes Céline Perrigon / Assistanat costumes Ophélie Parmentier / Collaborations artistiques Julie Calbete, Fanny Soriano, Maja Zimmerlin / Accompagnement dramaturgie Olivia Burton / Direction de production Antoine Billaud, Johanna Autran assisté(e)s d’Alicia Gicquel / Régie générale Sébastien Hérouart / Régie son Jack McWeeny, Aude Pétiard (en alternance) / Régie lumières Aliénor Lebert, Clara Boulis Valence (en alternance) / Crédit photo Mélissa Waucquier

Production

Production Collectif XY. Coproduction Le Phénix scène nationale Valenciennes - Pôle européen de création, Chaillot - Théâtre national de la Danse Paris, Maison de la danse - Lyon, Le Volcan - Scène nationale du Havre, EPPGHV - Parc de La Villette Paris, Tandem - Scène nationale (Hippodrome de Douai), Théâtres de Compiègne, Maison de la Culture d’Amiens - Scène nationale, La Comédie de Clermont - Scène nationale Clermont-Ferrand, Château Rouge - Scène conventionnée Annemasse, Scène nationale Carré-Colonnes - Saint-Médard-en-Jalles, Théâtre du Beauvaisis - Scène nationale Beauvais, Le Bateau Feu - Scène nationale Dunkerque, Scène nationale Albi - Tarn, Espace 1789 de Saint-Ouen - scène conventionnée pour la danse, Festival Roma Europa (It.). Accueil en résidence Le Phénix scène nationale Valenciennes - Pôle européen de création, Tandem - Scène nationale (Hippodrome de Douai), Le Bateau Feu - Scène nationale Dunkerque, Théâtre du Beauvaisis - Scène nationale Beauvais, Le Volcan - Scène nationale du Havre, La Brèche - Cherbourg Pôle national cirque en Normandie, Circa - Pôle national cirque Auch. Soutien Ministère de la Culture au titre de l’aide nationale à la création pour les arts du cirque, Région Hauts-de-France au titre de l’aide aux projets à rayonnement culturel et artistique, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels. Remerciements La ville de Puget Théniers, La Carrière - école des arts du cirque Saint- Barthélemy d’Anjou.

Des corps aériens qui s’agrègent, se dressent et composent des paysages mouvants qui se défont sous nos yeux. Vingt-deux acrobates et chanteur·euse·s aiguisent notre perception du temps et mettent en lumière les fragiles équilibres du vivant.

Le Pas du Monde est la sixième création du Collectif XY, qui développe depuis plus de vingt ans une écriture fondée sur le porté acrobatique. Après Möbius, en collaboration avec le chorégraphe Rachid Ouramdane et accueilli en 2024, le collectif déplace son écriture vers les métamorphoses de l’être. Se croisent sur le plateau deux temporalités : celle de la vie humaine, de ses émotions et de ses transformations – de l’enfance au grand âge –, et celle d’une nature dont le cours nous dépasse. Porteur·euse·s et voltigeur·euse·s y figurent des montagnes, des forêts, des vagues, travaillant la lente érosion comme la chute soudaine, la fulgurance d’un saut comme l’effondrement progressif d’une colonne. Les lumières en clair-obscur sculptent l’espace et donnent aux corps une dimension presque géologique. Trois voix lyriques se mêlent aux souffles et aux impacts physiques, soutenant l’approche musicale de cet hymne à la nature. Cette échappée joyeuse et douce, au rythme du monde, nous suggère que toute réconciliation avec le vivant passe par un devenir-cosmos. Une fresque spectaculaire d’une délicatesse inattendue.

DISTRIBUTION

Création collective Airelle Caen, Alejo Bianchi, Alice Noël, Amaia Valle, Antonio Terrones y Hernandez, Camille de Truchis, Clémence Gilbert, Consuelo Burgos Bustos, Cyril Héritier, Denis Dulon, Diego Ruiz Moreno, Etienne Revenu, Guillaume Sendron, Florian Sontowski, Hamza Benlabied, Julie Calbete, Kritonas Anastasopoulos, Mikis Matsakis, Oded Avinathan, Raimon Mato Rabassedas, Raphaela Abreu Olivo de Almeida, Virginie Benoist / Direction musicale et composition vocale Virginie Benoist / Création sonore Jack McWeeny / Création lumière Éric Soyer assisté d’Aliénor Lebert / Création costumes Céline Perrigon / Assistanat costumes Ophélie Parmentier / Collaborations artistiques Julie Calbete, Fanny Soriano, Maja Zimmerlin / Accompagnement dramaturgie Olivia Burton / Direction de production Antoine Billaud, Johanna Autran assisté(e)s d’Alicia Gicquel / Régie générale Sébastien Hérouart / Régie son Jack McWeeny, Aude Pétiard (en alternance) / Régie lumières Aliénor Lebert, Clara Boulis Valence (en alternance) / Crédit photo Mélissa Waucquier

   

Collectif XY

Depuis près de 20 ans, le Collectif XY travaille les disciplines acrobatiques pour les remettre au cœur d’une pratique artistique partie prenante des arts du mouvement. Tout en s’appuyant sur les fondamentaux de cette technique circassienne, les artistes jouent avec ses codes, ses rythmes et ses formes pour en faire un véritable langage qui se déploie à 360 degrés. Dès ses débuts, XY a choisi de travailler en grand nombre afin de démultiplier les possibles et d’élargir ses champs de recherche. Ce parti-pris répond également à une démarche artistique qui veut interroger les concepts de masse, de foule et leurs interactions dans un même espace-temps. Plus loin, il s’agit encore de questionner le rapport de l’individu face à un groupe ou au sein d’un environnement social donné.

En 2025, Le Pas du Monde est la sixième création du Collectif XY après Möbius (2019), Les Voyages (2018), Il n’est pas encore minuit... (2014), Le Grand C (2009) et Laissez-Porter (2005). Six œuvres qui tissent la trame d’un collectif d’artistes réunis autour d’une passion commune pour la pratique acrobatique et l’écriture de formes singulières.

En 2017, la compagnie s’associe au Phénix, Scène nationale de Valenciennes dans le cadre de son Pôle Européen de création qui l’accompagne depuis sur l’ensemble de ses créations. Dès lors le collectif n’a cessé de s’étoffer pour devenir une véritable ruche au sein de laquelle évoluent une cinquantaine d’artistes qui développent de nouvelles expériences artistiques et enrichissent leur pratique avec les trois dernières œuvres qui constituent son répertoire. C’est ainsi qu’en parallèle de la diffusion des spectacles, ils ont pu développer un travail de transmission avec les écoles de cirque Palestiniennes (2016-2018), s’engager sur des projets de territoire avec le Channel à Calais (Nos bords du Monde, 2022 et 2023) ou encore répondre à la commande de l’Imperial War Museum d’une création in situ à Derry avec de jeunes professionnels Nord-Irlandais (After the rain, 2022-2023).

En 2021, à l’invitation de Rachid Ouramdane, la compagnie fait son entrée à Chaillot, Théâtre national de la danse avec son spectacle Möbius et investi le site à deux reprises dans le cadre des Journées du patrimoine (Chaillot Expérience 2021 et 2022). Plus récemment, en 2024, le collectif conçoit, toujours avec Rachid Ouramdane, une nouvelle version de Möbius, Möbius Morphosis, qui sera présentée dans le cadre de l’Olympiade Culturelle (2024) et qui aura réuni, du théâtre antique de Lyon au Panthéon à Paris, une centaine d’artistes avec le Ballet de l’Opéra de Lyon et la Maîtrise de Radio France.

En 2025, à l’occasion de la création du Pas du Monde, la compagnie entame un nouveau partenariat avec la Maison de la Culture d’Amiens - Pôle international de production et de diffusion.

Sur Le Pas du monde

Tout commence par une marche tranquille où chacun devient le maillon d’une chaîne. Une belle métaphore de leur association, filée sur trois niveaux de corps superposés : dans l’une des plus surprenantes images du spectacle, ils tressent leurs bras, tous de dos, tels des troncs et des lianes d’une forêt serrée. Le collectif dit s’être inspiré des métamorphoses de la nature. Dans ces premières scènes, c’est palpable... Ensuite, chacun projettera ce qu’il voudra.

Les épaules des porteurs constituent autant de terrains d’envol ou d’atterrissage à partir desquels toutes les formes peuvent naître. Les premières voltiges arrivent alors que tous fredonnent en chœur une douce langue inventée. En l’air, les corps écrivent des courbes et des vrilles. Sur terre, s’élèvent des collines dont les acrobates ne cessent de s’évaporer. Les voir ensuite avancer à pas comptés par colonnes à trois étages d’interprètes est sidérant, tant leur confiance mutuelle semble souveraine. Les voilà pourtant bousculés par une partition instrumentale rugueuse signée Jack McWeeny et des zooms lumineux plus agressifs. C’est le chaos : ils courent et s’entrechoquent. Leur audace se révèle presque violente et l’on songe aussitôt à nos crises actuelles menaçant l’équilibre du monde. On a peur quand une voltigeuse se voit doublée par un voltigeur pirouettant au-dessus d’elle.

Le collectif sait ménager le répit. Accrochés les uns aux autres, ils de- viennent des oiseaux à aigrette, ou des insectes à longues pattes. Sa galerie fantaisiste à la gloire du monde vivant est drôle, mais on attend, tels d’insatiables aficionados, qu’ils rebâtissent leurs colonnes humaines (à quatre, à la fin !) ou redessinent leurs aériennes arabesques. Dans un ballet qui serait éternel et renouvelable... comme leur talent.

Télérama, Emmanuelle Bouchez, 12/11/25


Happé par une houle souple, Le Pas du monde, dans des costumes aux tons beiges, bruns, ocre, renouvelle organiquement l’esthétique XY. Il se fait ample et se conjugue au pluriel. Il est celui de la communauté en marche, des architectures mouvantes de corps sans cesse érigés les uns sur les autres, pour mieux s’effondrer, renaître plus loin et se soulever tels d’incroyables glissements de terrain. Ici, une paroi d’interprètes prend le ciel d’assaut ; là, cinq totems vivants filent à reculons ; soudain, des voltigeuses fusent et vrillent entre deux porteurs... La sensation de voir parfois les acrobates jongler avec leurs partenaires lève un rêve. A l’infini, des images et des figures virtuoses se relaient. Elles font appel à des registres variés. Une grappe d’hommes et de femmes s’étale puis se propage comme un essaim avant de se métamorphoser en escargot... Le vivant au sens large communique sur scène au gré de ces formes mutantes. En creux, le récit de l’humain, dans son acharnement, son besoin d’aller de l’avant pour se construire, se surprendre en dépassant ses limites, s’illustre ici simplement par la seule grâce de ces bâtisseurs de la piste.

C’est la douceur qui l’emporte et rattrape, avec une forme de légèreté souriante, cette somme d’efforts considérables au cœur de la pièce. Les exploits, accompagnés par la troupe au contact, se révèlent si tendres, loin de toute esbroufe, qu’on se demande s’il s’agit bien d’un spectacle de cirque avec sa dose de risque, d’audace, de peur aussi. L’effet chair de poule cède la place à la contemplation. Et c’est la prouesse de l’être ensemble, du travail commun qui émeut et émerveille.

Le Monde, Rosita Boisseau, 07/11/25

Note d’intention

À l’observer comme à le ressentir, le vivant est en métamorphose permanente. Fait de conjonctions et de concordances, le temps est maître d’œuvre de ces transformations qui s’offrent à nos regards : les différentes strates d’un sol qui nous racontent une histoire millénaire, ce qu’il faudra à un chêne pour atteindre sa maturité, quelques centaines de nos petites années humaines qui nous résument finalement à quelques heures aussi intenses qu’éphémères. Influencés par la conférence d’Anne Teresa de Keersmaeker donnée au Collège de France en 2019, nous nous posons à notre endroit cette même question : comment, par notre langage -acrobatique- arriver à notre monde et au cosmos ? et par là : Comment par le groupe, en collectif, arriver à produire une œuvre dans une époque où le nihilisme se déchaîne ? Une ambition démesurée qui nous a amené d’emblée à questionner notre rapport au vivant.

Notre pratique nous fait mesurer avec une certaine acuité ce rapport à la durée : la fulgurance d’un salto, une colonne qui s’érige, qui s’effondre lentement, un envol, une suspension...

Aujourd’hui nos corps portent la trace et la mémoire de ce temps qui passe, que nous savons irrémédiable plus que tout un chacun. De ce temps qui passe, nous avons la prétention, non de le déjouer, mais d’en jouer et de le sublimer dans une succession de métamorphoses que nous voulons tantôt subtiles, ténues, tantôt massives et imposantes mais avec ce souci d’en révéler la relativité et la fragilité.

Ainsi nous allons expérimenter ces métamorphoses dans nos acrobaties : former, transformer, déformer nos colonnes humaines. Passer d’une posture à une autre de manière imperceptible à l’image de l’érosion lente d’un sommet ou au contraire de nous projeter dans des transformations soudaines de nos pyramides, corps-cailloux chutant en éboulis. Nous imaginons mettre nos recherches corporelles au service d’une dramaturgie proposant deux axes distincts : celui d’une grande nature qui nous entoure en prêtant nos corps à ces sculptures de paysages, en nous s’inspirant de leurs rythmiques toutes particulières. Et puis celui de notre échelle humaine, du premier cri au dernier souffle, de ces intensités émotionnelles, de ces doutes, de ces révoltes, de ces acceptations.

Danse d’une femme avec une pyramide-montagne, un océan de corps et le ressac d’une vague, une forêt de colonne traversée par le vent... Les imaginaires sont grands ouverts et nous tisserons cette pièce comme cette toile du vivant que nous aimerions donner à voir dans un rapport de connivence et de réjouissance avec le public.

Collectif XY

ESPACES PLURIELS PAU
SCÈNE CONVENTIONNÉE D'INTÉRÊT
NATIONAL ART ET CRÉATION DANSE
17 AVENUE DE SARAGOSSE
64000 PAU