Au pied des Pyrénées affleure une mémoire populaire que les récits dominants laissent souvent dans l’ombre. Cette création hybride brouille les frontières entre théâtre, danse et performance pour dresser le portrait fantasque d’une famille improbable.
De ses Pyrénées natales, Nans Laborde-Jourdàa revisite la tradition des pastorales, spectacles populaires mêlant jeu, chant et danse. Reconnu pour son travail de cinéaste, le metteur en scène a, entre autres distinctions, remporté la Queer Palm au Festival de Cannes 2023 pour son court-métrage Boléro. En compagnie de Margot Alexandre, il prolonge ici une recherche nourrie au sein de la compagnie Toro Toro par le biais de nombreuses collaborations théâtrales et cinématographiques. Honorée par le Prix Artcena, cette nouvelle pièce questionne l’intimité et la marginalisation, brossant une galerie de portraits hauts en couleur : une femme de ménage surmenée entourée de ses deux enfants aux désirs contrariés, une voisine trans docteure en histoire de l’art et une belle-mère au passé trouble. Ce récit familial décapant compose une chronique intime où se croisent souvenirs pyrénéens, influence des films d’Almodovar et éclats de culture queer. Un hommage singulièrement émouvant à ces existences discrètes sur lesquelles repose, selon Nans Laborde- Jourdàa, la bonne marche de nos sociétés.
création / coproduction espaces pluriels
Texte de Nans Laborde-Jourdàa et Maïté Sonnet / Mise en scène Nans Laborde-Jourdàa / Avec Margot Alexandre, Laurence Ibot, Lancelot Cherer, Laurens Saint-Gaudens et Baby Médusa / Collaboration artistique Margot Alexandre / Assistante à la mise en scène Louise de Bastier / Costumes Anna Carraud / Mouvement Axel Ibot / Espace Lucie Gautrain / Musique Arthur Dupuy / Crédit photo Gil Anselmi

Production Cie Toro Toro. Production déléguée
tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine.
Coproduction tnba – Théâtre national
Bordeaux Aquitaine, Espaces Pluriels Pau
Scène conventionnée d’intérêt national Art et
création - Danse, Théâtre Garonne – Scène
Européenne, OARA – Office Artistique de la
Région Nouvelle-Aquitaine. Soutien Théâtre de
l’Aquarium, Théâtre Ouvert - Centre National
des Dramaturgies Contemporaines, La Colline
Théâtre National, le Théâtre de Vanves -
Scène conventionnée d’intérêt national art
et création, La ménagerie de Verre dans le
cadre du dispositif StudioLab. Une famille
pyrénéenne est lauréat ARTCENA de l’Aide
nationale à la création de textes dramatiques
– automne 2025.
Au pied des Pyrénées affleure une mémoire populaire que les récits dominants laissent souvent dans l’ombre. Cette création hybride brouille les frontières entre théâtre, danse et performance pour dresser le portrait fantasque d’une famille improbable.
De ses Pyrénées natales, Nans Laborde-Jourdàa revisite la tradition des pastorales, spectacles populaires mêlant jeu, chant et danse. Reconnu pour son travail de cinéaste, le metteur en scène a, entre autres distinctions, remporté la Queer Palm au Festival de Cannes 2023 pour son court-métrage Boléro. En compagnie de Margot Alexandre, il prolonge ici une recherche nourrie au sein de la compagnie Toro Toro par le biais de nombreuses collaborations théâtrales et cinématographiques. Honorée par le Prix Artcena, cette nouvelle pièce questionne l’intimité et la marginalisation, brossant une galerie de portraits hauts en couleur : une femme de ménage surmenée entourée de ses deux enfants aux désirs contrariés, une voisine trans docteure en histoire de l’art et une belle-mère au passé trouble. Ce récit familial décapant compose une chronique intime où se croisent souvenirs pyrénéens, influence des films d’Almodovar et éclats de culture queer. Un hommage singulièrement émouvant à ces existences discrètes sur lesquelles repose, selon Nans Laborde- Jourdàa, la bonne marche de nos sociétés.
Texte de Nans Laborde-Jourdàa et Maïté Sonnet / Mise en scène Nans Laborde-Jourdàa / Avec Margot Alexandre, Laurence Ibot, Lancelot Cherer, Laurens Saint-Gaudens et Baby Médusa / Collaboration artistique Margot Alexandre / Assistante à la mise en scène Louise de Bastier / Costumes Anna Carraud / Mouvement Axel Ibot / Espace Lucie Gautrain / Musique Arthur Dupuy / Crédit photo Gil Anselmi
Soirée After
Et si le spectacle se prolongeait autrement ? Cette saison encore, des moments festifs et conviviaux prennent le relais de la représentation pour nous retrouver ensemble en extérieur dans la ville, sur le parvis, sur le plateau, ou dans la coupole du Foirail, en bref, autant d’espaces à investir lors de bals ou de dj sets. Pensés avec les artistes, ces moments sont autant d’invitations à nous retrouver, à échanger… et surtout à danser. Donnez libre cours à votre envie de bouger !
Compagnie TORO TORO
Margot Alexandre et Nans Laborde-Jourdàa se rencontrent en tant qu’acteurs ·rices il y a dix ans au conservatoire du Vème arrondissement de Paris. Ils collaborent d’abord sur des films et des spectacles en écriture au plateau notamment au sein de la compagnie La vie brève dirigée par Jeanne Candel et d’Un festival à Villeréal dans le Lot-et-Garonne.
Forts de ces affinités artistiques enrichies depuis leur rencontre, ils créent la compagnie TORO TORO afin de développer et produire leurs propres projets. Margot et Nans sont liés entre autres par leur goût pour le folklore pyrénéen, le cinéma espagnol des années 80, l’indécision et les poèmes de René Ricard. Leurs recherches artistiques reposent avant tout sur une exploration libre du duo.
Des spectacles, des performances comme autant d’études et de variations sur les façons d’être deux. Ils créent ensemble POLYESTER pour un groupe de dix jeunes danseur·ses amateurs puis DUET en 2022. Une famille Pyrénéenne sera leur troisième création.
Au cinéma Nans réalise Léo la nuit et Boléro (Grand prix de la Semaine de la critique et Queer Palm du court-métrage au Festival de Cannes 2024, nommé au César du meilleur court-métrage).
Aujourd’hui la compagnie est associée au Théâtre national Bordeaux Aquitaine ainsi qu’au Théâtre de l’Aquarium à Paris.
Note d’intention
J’ai des pensées frontalières. Ou plutôt des pensées périphériques. Ici les deux sont assez semblables. [...] J’ai grandi dans une petite ville des Pyrénées, côté atlantique, une commune qui me semblait grise, avec sa zone commerciale qui fait tampon entre la ville et la nature. Un de ses lieux dans lesquels on ne parle pas trop, on garde ce que l’on voudrait dire à l’intérieur de soi. Là où, de l’autre coté des Pyrénées, il y a l’Espagne, sa sensualité, ses excès, sa sexualité étincelante, sa Movida, ses pédés, ses addicts, un désir fou où mes pensées frontalières s’en allaient faire un tour.
Aux frontières de ma ville natale commence le Pays Basque où la tradition des pastorales est encore très présente. C’est une forme de théâtre populaire et amateur, présenté en plein air deux soirs d’été, dans un village désigné chaque année. Ses habitant·es se rassemblent au fil des mois pour écrire et répéter ce spectacle qui suivra la vie d’une personne illustre du village. La pastorale est une forme qui revient dans mon travail puisqu’elle était au cœur de RN134, créé en 2019. [...] J’aime la naïveté de cette forme, son style déclamé un peu désuet, l’hybridité des pratiques qui la compose (jeu, chants, danses) et qui me servira ici, dans Une famille pyrénéenne, à écrire une pièce de théâtre, à la frontière elle aussi de la danse et de la performance.
Si je souhaite en reprendre le dispositif, j’entends en réécrire profondément le contenu. Ici plutôt qu’un roi, une femme de ménage. Là, plutôt qu’un ange, un danseur de pole dance en prise avec ses addictions. Avec ces figures contemporaines, je veux aborder des questions qui sans cesse reviennent me travailler : les traditions, ce qui reste et ce qu’on transmet. La question de la famille aussi, celle que l’on a, mais aussi celle que l’on se fait.
Comment rendre central ce qui d’ordinaire est perçu comme à la marge ? Cet « à côté » qui de manière invisible permet pourtant à un « centre » de tenir à peu près la route. Quelle est-elle cette famille pyrénéenne ? [...] Mon intention est de rendre hommage à ces personnages de périphérie. [...] Depuis la vue d’un HLM, cette famille vit avec peu et chacun·e est en prise avec ses obsessions et ses démons. Pas d’apitoiement pour autant, il faut avoir du temps et de la ressource pour pouvoir le faire. Et de la légèreté aussi, force requise pour garder la tête hors de l’eau.
Quelles nouvelles traditions, coutumes pourraient en émerger ? De nouveaux contes peut-être ? Queers et déconstruits, pour revitaliser ces manières occultées d’être présent au monde et à la vie. Un hommage aux labeurs et aux vies de ces personnes qui ignorent que c’est pourtant grâce à elles, que tout tient debout. Cette périphérie centrale d’où je viens.
Nans Laborde-Jourdàa